Vie du parti, transition et élections : Le secrétaire général d’ADP-Maliba, Me Abdoulaye Sidibé s’exprime

Invité politique de la semaine de Renouveau Tv, Me Abdoulaye Sidibé, secrétaire général du parti Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba) répond sans ambages aux questions liées à la vie du parti, à la transition et aux élections générales. Entretien.

Quel est l’état de santé d’ADP-Maliba après les soubresauts dû aux élections législatives de 2018 qui ont abouti au départ du président du parti et son secrétaire général?

Notre parti ADP-Maliba se porte bien et même très bien ! Vous avez fait allusion à certains départs. Mais, il est bon de rappeler qu’après ses départs , le parti a tenu son deuxième congrès. A l’issue de ce congrès, un nouveau comité exécutif a été mis en place, qui depuis son arrivée à la tête du parti s’attèle à un travail de structuration, d’implantation, d’animation du parti aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Donc aujourd’hui, l’ADP-Maliba a une santé de fer.

Est-ce qu’on peut s’entendre à un retour de ces personnes qui ont quitté le parti ?

Un parti politique c’est une famille, c’est une organisation à laquelle l’adhésion est subordonnée à des conditions. Donc, le parti ne ferme et ne fermera la porte à qui que ce soit. Nos textes demeurent la seule boussole pour tout militant qui souhaiterait cheminer avec le parti.

Vous avez parlé de l’implantation continue du parti à travers tout le pays. On a quand même constaté que le parti est plus actif à l’intérieur du pays que dans la capitale. Peut-on parler d’un changement de fusil d’épaules par la nouvelle équipe dirigeante ?

La nouvelle équipe dirigeante du parti s’attelle à une animation globale du parti. Il y a de cela dix jours, trois missions simultanées étaient sur le terrain. Une première mission conduite par le président d’honneur Aliou Boubacar Diallo, qui était dans les régions de Nioro du Sahel et de Kayes. Au même moment, il y avait une deuxième mission conduite par le président du parti; le camarade Youba Bah qui a sillonné les régions de Bougouni, Koutiala, Sikasso, Ségou. Enfin, une troisième mission était conduite par ma modeste personne, en sillonnant les pays tels que la République du Congo, la RDC et le Gabon. Il y a ce travail d’ensemble qui est en cours depuis un certain moment. Il se fait sous la conduite du nouveau comité exécutif du parti.

Comment les maliens accueillent cette mission ?

Les maliens sont satisfaits de ces missions. Celles conduites par le président d’honneur lui-même, qui a parcouru un certain nombre de capitales régionales. Partout où la mission du président passe, c’est une liesse populaire, c’est des demandes pour une adhésion au parti, des demandes portées par notre population et qui se résument généralement autour de la problématique d’eau, des financements des projets structurants pour les femmes, des machines, des moulins etc. Je vous assure qu’à chacune de ces demandes, le président d’honneur à travers sa fondation Maliba apporte des solutions appropriées à toutes ces demandes qui lui ont été adressées. Parlant de cette Fondation, on a aussi vu qu’à la faveur du dernier CHAN, le parti à travers cette même Fondation a affrété un avion pour certains maliens qui ont souhaité se rendre au Cameroun pour suivre la finale de cette coupe.

Cet acte a été diversement apprécié par les maliens, certains disaient qu’il fallait acheter du vivre pour faire des donations aux personnes nécessiteuses. Que répondez-vous à ces récriminations ?

Des voix plus appropriées que la mienne à ce niveau sont intervenues. Le responsable de la fondation Maliba a donné le bilan de toutes les actions réalisées par la fondation annuellement, le nombre de tonne de vivres distribué aux nécessiteux, la construction des mosquées, la réhabilitation des centres de santé, des écoles, dons en gel hydro alcoolique, etc. Il a été très clair par rapport à ces incriminations qui du moins ne sont pas fondées. Soutenir le sport, soutenir la jeunesse est un pan de la construction nationale.

L’argent qui a servi à affréter cet avion pouvait être donné aux joueurs pour les motiver davantage. Qu’en dites-vous ?

Pour motiver une équipe, la première chose à faire est de supporter cette équipe. L’action de la fondation s’inscrivait dans ce cadre. Faire déplacer la jeunesse, des maliens de tout bord pour aller soutenir l’équipe nationale au Cameroun, de mon point de vue aurait dû être considéré comme une action salvatrice qui ne devrait pas être adossée à aucun commentaire négatif allant dans le sens discrédité ce qui se fait ou ce que la fondation fait dans les différents domaines.

Contrairement à certains partis politique, on entend moins votre parti opiné sur cette transition, avez vous peur de heurter la sensibilité des militaires qui sont au pouvoir ?

Nous n’avons peur de ne heurter aucune sensibilité ! Seulement, quand un parti politique prend la parole, doit donner des solutions lorsqu’elle estime que certaines situations ne sont pas bien faites. Pour nous aujourd’hui, le Mali vit une situation particulière qui se traduit par la transition que nous connaissons présentement. L’accompagnement de cette transition est un devoir pour tous les maliens. Mais sans pour autant faire litière des quelques insuffisances ou quelques manquements qui seront constatés ça et là. Chaque fois qu’il va y avoir ces insuffisances, nous ne manquerons pas de les souligner. Cependant, nous accompagnons cette transition pour le bonheur du peuple malien. Il faut reconnaître que la stabilité de nos institutions, des futures élections, la crédibilité de ces élections dépendra bien entendu de la réussite de cette transition.

Si on vous demandait de dresser un bilan à mi-parcours de cette transition, quelle serait votre réponse ?

Dire qu’il faut dresser un bilan en ce moment va être difficile. C’est vrai que certaines choses n’ont pas étés mises en place à temps, notamment la mise en place du CNT, mais depuis là, les choses commencent à aller. Vous avez suivi avec nous, avant hier le Premier ministre était devant ce CNT pour défendre son plan d’action. Donc, des choses se passent peut-être pas à l’allure que les maliens souhaiteraient, mais sont dues à suffisamment de facteurs certainement indépendants même de la volonté des acteurs de la transition.

Donc vous comprenez certaines impaires qui sont signalées çà et là par certaines organisations comme le Conseil National de la Société Civile et le Mouvement du 5 juin, qui demandent d’ailleurs la dissolution pure et simple de ce CNT…

Au fait, il peut toujours y avoir des insuffisances je l’ai dit, mais c’est autour d’une table qu’on doit se revoir surtout que le Premier ministre est dans cette disposition; créer un cadre de concertation avec la classe politique, lequel cadre doit statuer par rapport à certaines difficultés, à certaines tardes qui sont constatées. Dans le cadre de la gestion de cette transition, je me dis qu’une fois que ce cadre sera mis en place, des choses pourront aller un peu plus vite.

Vous avez parlé de la déclaration du plan d’action du Premier ministre. Comment au niveau de l’ADP vous avez accueilli cette déclaration. Est-ce qu’elle prend en charge toutes les aspirations des maliens ?

Bon, dire que ça prend en compte toutes les aspirations des maliens c’est un peu trop. Parce qu’il faut reconnaître qu’un travail humain reste perfectible. Il peut y avoir des insuffisances par rapport à çà, surtout les axes annoncés et soutenus par le Premier ministre. Et si vous avez suivi le débat, certains conseillers même du CNT avaient estimé que certaines situations devraient être prises en compte, qui ne l’ont pas été. Donc, dire que les gens seront satisfaits à cent pour cent, c’est opiné. Mais de mon point de vue, quant on se retrouve devant l’essentiel, c’est-à-dire les questions sécuritaires, les questions d’organisations d’élections libres, crédibles et transparentes, les questions de réformes annoncées, je me dis les gens doivent se réunir, se retrouver autour de l’essentiel pour accompagner à souhait cette transition pour un Mali meilleur.

Parmi les reformes qui étaient exprimées par les maliens, il y avait la création peut-être de cet organe unique chargé d’organiser les élections, mais le Premier ministre devant le CNT a clairement indiqué qu’il n’était pas dans cette disposition de rendre opérationnel cet organe parce que le temps imparti était insuffisant. Vous pensez qu’on peut organiser des bonnes élections sans cet organe unique tant attendu par les maliens ?

Pour nous par rapport à cet organe, la réflexion continue au sein de l’ADP…

Mais le Premier ministre semble trancher la question…

… On prend acte de ce qu’il a dit, mais pour nous, cette réflexion doit continuer parce qu’il n’y a pas plus tard qu’hier, nous avons rencontré un parti politique avec lequel nous avons échangé par rapport aux modalités de la mise en place de cet organe. Peut-être des lectures peuvent être différentes avec le Premier ministre mais si après les différents échanges que nous allons avoir avec les formations politiques, il n’y a pas de raison que l’ADP-MALIBA ne puisse proposer sa recette par rapport à la mise en place de cet organe.

Pas d’élections sans cet organe unique ?

Pour le moment, nous n’avons pas dit cela et je ne saurais le dire à cet instant.

Comment l’ADP-MALIBA se prépare pour aborder les prochaines élections ?

On se prépare et ce travail je l’ai dit a commencé depuis les 2èmes congrès. La force d’un parti se mesure par son degré d’implantation. Ce travail, nous sommes en train de le faire tous les jours. Aujourd’hui, nous sommes cette formation politique qui enregistre tous les jours des centaines d’adhésion. Nous nous préparons pour faire face aux élections générales à venir.

Comment voyez-vous la suite de cette transition ?

Pour le moment, nous nous en tenons aux décisions issues des concertations nationales, aux déclarations des plus hautes autorités pour dire que la transition est de 18 mois.

Un dernier mot à tous les militants…

Je dis merci à tous nos militants, surtout pour leur combat et leur courage politique. Je demande à tous les militants de rester soudés, sereins pour faire face aux échéances électorales à venir.

Transcris par Ahmadou Sékou Kanta

Source: Miroir Hebdo

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