Tunisie : plusieurs humanitaires libérés après leur condamnation pour aide aux migrants

Tunisie : plusieurs humanitaires libérés après leur condamnation pour aide aux migrants

Plusieurs travailleurs humanitaires incarcérés en Tunisie pour avoir apporté une assistance à des migrants en situation irrégulière ont été libérés dans la nuit du 5 au 6 janvier 2026, après avoir passé près de vingt mois en détention. Leur remise en liberté intervient à l’issue d’un procès très suivi, dans un contexte de durcissement de la politique tunisienne en matière migratoire.

Parmi les personnes concernées figurent des membres de la section tunisienne de l’ONG française Terre d’Asile, dont son ancienne directrice, Sherifa Riahi. Arrêtés en mai 2024, les humanitaires étaient poursuivis pour « facilitation de l’entrée et du séjour irrégulier de migrants », des accusations vivement contestées par leurs avocats et par de nombreuses organisations de défense des droits humains .

Le tribunal a prononcé des peines de deux ans de prison avec sursis, une décision qui a entraîné leur libération immédiate, la durée de leur détention préventive couvrant largement la peine ferme initialement encourue. Des images diffusées par des comités de soutien montrent les anciens détenus quittant la prison et retrouvant leurs proches, sous les applaudissements de militants et d’activistes .

Cette affaire a suscité une forte mobilisation de la société civile tunisienne et internationale. Plusieurs ONG ont dénoncé une criminalisation de l’action humanitaire, estimant que les faits reprochés relevaient d’une assistance humanitaire de base, notamment l’hébergement et l’accompagnement administratif de migrants vulnérables .

Les autorités tunisiennes, de leur côté, ont défendu la légitimité des poursuites, affirmant agir dans le cadre de la lutte contre les réseaux de migration irrégulière. Ces libérations interviennent cependant dans un climat de critiques croissantes à l’égard de la politique migratoire du pays, accusée par plusieurs organisations internationales de porter atteinte aux droits fondamentaux.

Pour les défenseurs des droits humains, cette décision judiciaire marque une étape importante, sans pour autant clore le débat. Ils appellent à une clarification du cadre légal encadrant l’action humanitaire en Tunisie, afin d’éviter de nouvelles poursuites contre des acteurs engagés auprès des migrants.

Maliexpress.net

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