Transition : Vers une autre prolongation ?

Il n’est pas dans nos habitudes de publier des rumeurs, mais si elles persistent, nous nous arrogeons le droit de les divulguer pour avoir la vérité.

En effet, la nouvelle d’un possible prolongement de la période transitoire se répand actuellement comme une traînée de poudre. Certains mastodontes de la galaxie politique sont montés au créneau pour mettre en garde les autorités de la Transition contre toute velléité de se maintenir au pouvoir au-delà du délai dernièrement fixé pour la fin de la Transition. Le fossé de la rupture se creusera-t-il entre les deux camps ennemis intimes ?

Depuis un certain temps, le chef du Gouvernement Choguel Kokala Maïga nouvellement requinqué à bloc au plan sanitaire est soupçonné d’avoir des « agendas cachés ». Il serait entre autres animé par le désir de proroger encore une fois de plus le délai de la Transition. Il y serait profondément attaché.

Fixée initialement pour le 27 Février 2022, la fin de la période transitoire pourrait être reportée à nouveau.

Au motif qu’il faut prendre le temps de refonder la gouvernance afin de remettre le pays sur de bons rails, certains analystes et décideurs estiment qu’il faut prolonger la transition actuelle jusqu’en 2024. Le retour définitif de la paix et du vivre ensemble sur toute l’étendue du territoire national doivent être la priorité des priorités. Sans sécurité les élections crédibles et transparentes seraient quasi impossibles.

Pour faire barrage à toute velléité de prolonger une nouvelle fois la transition, plusieurs formations politiques ont décidé de se donner la main. Il s’agit du RPM, de l’ASMA-CFP, de l’ADEMA-PASJ, de YELEMA de Moussa Mara, de la CODEM pour ne citer que ceux-là. Docteur Oumar Mariko de la SADI, l’enfant terrible de Kolondièba est en balade en ce moment.

Ces hommes politiques ont depuis constitué une coalition pour disent-ils, affirmer sans ambiguïté leur attachement au respect scrupuleux de la période de la transition et de la date retenue pour les élections générales. 

Est-ce qu’une prolongation de la durée de la transition est vraiment incontournable eu égard au retard chronique constaté dans la mise en œuvre de son programme et à la situation sécuritaire et socio-économique déplorables ?

La question aujourd’hui fait débat dans le pays.

En tous cas, les membres de la coalition anti-prorogation du calendrier transitoire exigent le maintien des 18 mois prévus par la charte.

Dans une ancienne déclaration qui nous est parvenue, l’ancien Premier Ministre Moussa Mara a été on ne peut plus clair.

La coalition frondeuse a réitéré sa disponibilité à participer sans calcul à toutes les initiatives de la transition pour asseoir une grande inclusivité dans la conduite des affaires publiques.

Elle a en outre décidé de soutenir les initiatives visant à instaurer et renforcer la cohésion sociale, la stabilité et la sécurité du pays. Elle a estimé que la sortie durable de crise suppose la conduite d’actions qui ne peuvent être envisagées pendant la seule période de la transition.

Enfin, la coalition a demandé aux autorités transitoires de confirmer leur engagement à respecter ces échéances par la publication d’un chronogramme détaillé de tâches allant dans ce sens et par l’abandon de tout projet susceptible de mettre en cause ce délai.

La CEDEAO et la communauté internationale tiennent mordicus au respect du délai fixé pour la fin de la transition malienne. A cela s’ajoute la liquidation du sulfureux dossier des 46 soldats ivoiriens encore détenus au Mali avant Janvier 2023. Ils ont d’ailleurs été jugés et condamnés par la justice malienne. 

Si la grâce présidentielle attendue sur le sort à eux réservé ne tombe pas rapidement, des menaces de sanctions de tous genres et d’embargo planeraient sur le pays en cas de refus d’obtempérer.

Le Mali ira-t-il jusqu’à défier ses partenaires au développement ? Un blocus bombardé sur le peuple malien en cette période de vie chère et de crise sécuritaire intense ne serait –il pas trop dur à supporter ? Faut-il ajouter à cela la hausse licite et illicite des produits de première nécessité ? A quand la fin du calvaire subi par les maliens ?

Affaire à suivre.

Le Baron

Source : L’Observatoire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *