Transition et prochaines élections : La classe politique se relèvera-t-elle de sa chute ?

Un vent de discrédit a sérieusement secoué la classe politique suite aux récents coups d’Etat. Cette bourrasque laissera-t-elle place à une résilience de ces acteurs majeurs des élections ?

Les insuffisances du parcours démocratique ont mis la classe politique au banc des accusés. Plus d’un observateur a stigmatisé ces nombreux leaders politiques, qui sont apparus finalement comme des vendeurs d’illusions.

En effet, avec l’adoption du pluralisme intégral, le Mali était apparu, à un moment récent de son histoire comme l’une des vitrines démocratiques de l’Afrique de l’Ouest, avec le Bénin, le Ghana. Et les partis politiques s’étaient multipliés à un rythme soutenu, mais sans aucune orientation idéologique donnée. C’est au point que certaines formations politiques se sont créées sur de simples coups de têtes ou pour des intérêts de participer simplement à la gestion de parcelles de pouvoir. Les convictions étaient quasiment inexistantes… Cela a contribué au règne de la complaisance, du laisser-aller et du laxisme dans les actes de gouvernances, surtout que les alliances politiques étaient devenues trop circonstancielles et trop calculées.

Tout cela a constitué le terreau fertile de la mauvaise gouvernance, dont l’un des corollaires est la crise sécuritaire, étant donné que l’outil de défense s’est retrouvé politisé, avec une armée dépouillée…

C’est dans ce contexte qu’à la survenance de la crise multidimensionnelle de 2012, les acteurs politiques ont été totalement voués aux gémonies. Ils ont été indexés comme entièrement responsables de la faillite de l’Etat, de l’affaiblissement de son outil de défense, etc. « C’est eux qui ont plongé le pays dans cette situation », entendait-on dire à l’endroit des principaux responsables politiques. Surtout que la plupart de ces leaders et cadres politiques étaient des ministres ou anciens ministres, directeurs centraux ou chefs d’institutions de la République.

Or, il est établi que la classe politique est à l’image du peuple. Comment pouvait–on avoir des responsables politiques intègres et patriotes désintéressés si le peuple ou les électeurs étaient plus que engagés dans des votes payés ? Les électeurs n’étaient-ils pas eux-mêmes incitateurs à des achats de voix ou de conscience ? Comment les partis politiques pouvaient-ils atteindre leurs objectifs électoraux en ne s’inscrivant pas des méthodes peu orthodoxes de corruption à coup d’espèces sonnantes et trébuchantes ?

A partir de cette situation déplorable, l’on se demande si le discrédit qui frappe depuis lors le microcosme politique va s’estomper à brève échéance, surtout dans la perspective des prochaines élections.

Il faut signaler, dans ce sens, que certaines formations politiques font preuve d’une certaine résilience, malgré cette diabolisation liée aux récents coups d’Etat. Il va sans dire que les nouvelles autorités pourraient s’inscrire dans la dynamique de s’appuyer sur ces partis politiques pour par exemple opérer les réformes majeures promises.

De ce point de vue, les partis comme l’ADEMA-PASJ, le CNID-Faso Yiriwa Ton, le MPR et, dans une certaine mesure, l’URD et le RPM, malgré leurs crises internes, pourraient tenter une mue, une renaissance. Cela passera par une certaine redistribution des cartes pour tenter une sorte de recomposition des forces. Cela devra se faire avec une dose de renouvellement du leadership à la tête de ces entités politiques recomposées en vue de s’inscrire dans une nouvelle dynamique, celle du changement des paradigmes.

C’est à cette condition que les acteurs politiques fortement secoués par les récentes crises pourraient tenter de se relever et compter valablement lors des prochaines élections. Est-il envisageable que les émanations du pouvoir militaire et s’inscrivent dans des alliances de listes avec ces partis politiques, pour briguer des postes électifs? Rien n’est moins sûr : Car, en politique, comme on le dit souvent, c’est la fin qui justifie les moyens.

 Boubou SIDIBE/maliweb.net

 

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