SEMAINE DE LA JEUNESSE CONTRE LA CORRUPTION: Dix ans d’engagement, la jeunesse en première ligne
Au Centre International de Conférence de Bamako (C.I.C.B) la 10ᵉ édition de la Semaine de la jeunesse contre la corruption a été officiellement lancée le 3 février 2026, sous le signe du bilan, de la mobilisation et du renforcement du leadership des jeunes dans la construction d’un Mali intègre.
La 10ᵉ édition de la Semaine de la jeunesse contre la corruption a été officiellement ouverte ce lundi 3 février 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), en présence de nombreuses autorités nationales, partenaires techniques et financiers, acteurs de la société civile et représentants de la jeunesse. Placée sous le thème « Dix ans d’engagement contre la corruption : la jeunesse en première ligne pour construire l’intégrité de demain », cette édition marque une étape symbolique dans le combat citoyen contre les pratiques corruptives au Mali.

Prenant la parole à l’ouverture, Madame Mariam Diama Sanogo, Présidente de la Communauté de pratique en matière de lutte contre la corruption (CPLC), a salué dix années de mobilisation continue en faveur de l’intégrité, portées par la jeunesse, les organisations de la société civile et les partenaires engagés. Pour elle, cette décennie d’actions ne saurait être réduite à un simple anniversaire, mais constitue « le renouvellement d’un pacte moral entre l’État, la société et la jeunesse », plaçant cette dernière au cœur de la lutte contre la corruption.

La Présidente de la CPLC a rappelé que les actions menées depuis dix ans — sensibilisation, formation, plaidoyer et prévention — ont contribué à une prise de conscience progressive des jeunes. Elle s’est appuyée sur les résultats d’une enquête réalisée en 2023 par le projet LUCEG, révélant que 64 % des jeunes se déclarent engagés dans la lutte contre la corruption, contre 58 % en 2019. Des chiffres qui, selon elle, confirment que la transformation des comportements passe avant tout par l’éducation aux valeurs et la responsabilisation citoyenne.
Dans le même esprit, le représentant du Maire de la Commune III du District de Bamako a salué une initiative qu’il a qualifiée d’événement d’une importance capitale pour l’avenir du pays. Il a affirmé que la Semaine de la jeunesse contre la corruption mérite d’être pleinement soutenue et accompagnée par l’ensemble de la jeunesse malienne, estimant que le contexte actuel impose de redoubler d’efforts dans la lutte contre cette pratique qui gangrène la société. Il a tenu à féliciter les organisateurs pour la constance et la pertinence des actions menées, tout en exprimant sa reconnaissance aux partenaires techniques et financiers résolument engagés à accompagner cette dynamique citoyenne.
De son côté, Monsieur Yacouba Dramane Diallo, Directeur pays du projet LUCEG, mis en œuvre par l’École nationale d’administration publique du Québec (ENAP) avec le financement d’Affaires mondiales Canada, a insisté sur la portée stratégique de cette 10ᵉ édition. Il a souligné que la Semaine de la jeunesse contre la corruption est devenue, au fil des années, une véritable plateforme nationale de mobilisation citoyenne, inscrite dans la dynamique des politiques publiques maliennes.
Pour le Directeur du projet LUCEG, la corruption constitue non seulement un frein au développement, mais aussi une atteinte directe aux droits fondamentaux, touchant particulièrement les femmes, les filles et les personnes en situation de vulnérabilité. C’est pourquoi le projet LUCEG place l’égalité de genre, l’inclusion et l’autonomisation des jeunes au cœur de son approche, en étroite collaboration avec les institutions nationales telles que l’OCLEI, la CENTIF, le Pôle national économique et financier et l’Agence de recouvrement et de gestion des avoirs saisis ou confisqués.
Les deux intervenants ont appelé à une mobilisation permanente et collective, rappelant que la lutte contre la corruption est un combat de longue haleine qui exige constance, cohérence et transmission intergénérationnelle des valeurs d’intégrité. À cet égard, un programme riche est prévu tout au long de la semaine à Bamako, Sikasso, Ségou et Gao, avec des conférences, panels, activités culturelles et sportives visant près de 20 000 participants, principalement des jeunes et des femmes.
La Semaine se clôturera par un communiqué final contenant des recommandations fortes à l’endroit des autorités, des partenaires techniques et financiers et des organisations de la société civile, en vue de renforcer durablement la gouvernance et la redevabilité publique.
En lançant cette 10ᵉ édition, les acteurs engagés ont réaffirmé une conviction commune : la corruption ne passera pas par la jeunesse malienne. Plus qu’un slogan, cet engagement se veut une promesse collective pour bâtir un Mali où l’intégrité devient la norme et non l’exception.
A.S.K
Source : Maliexpress.net
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