Référendum : les faits majeurs d’une journée de vote inédite !

Annoncé comme étant le passage obligé du retour à l’ordre constitutionnel, le référendum a pu se tenir avec l’espoir qu’il ouvre une nouvelle page de l’histoire de notre pays. Retour sur les enjeux d’un scrutin inédit.  

Bienvenue à la quatrième république ? La question vaut son pesant d’or puisque quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, des partisans du Oui ont donné rendez-vous aux populations à la place de l’indépendance. Une célébration d’une ‘’victoire certaine’’ qui reste à confirmer par les structures compétentes. Une journée de vote référendaire, ce sont d’abord les autorités de la transition qui ont ouvert le bal. En plus du chef de l’Etat, des présidents d’institution, ministres et autorités administratives et autres ont été en première ligne.

L’élection référendaire qui devrait à terme ouvrir un nouveau chapitre dans la vie de la nation s’est déroulée sur l’ensemble du territoire national à l’exception flagrante de la ville de Kidal. C’est bien la fausse note majeure dans la mesure ou une partie de la 8e région a pu voter. « Il n’a pas d’élection à Kidal », nous a répondu sèchement un membre de la CMA sur la question, comment se déroule le vote.

Contacté également par maliexpress.net, le porte-parole de la CMA, Ould Ramadan s’est contenté de répondre : « On préfère ne pas faire de commentaire pour le moment ». Toute chose qui démontre que la question dérange au sein des ex-rebelles. Dans le compte-rendu de la chaîne nationale, la même remarque est apparue, la ville de Kidal n’a pas voté alors que les images du scrutin tenue dans une partie de la région a défilé deux fois dans le JT spécial référendum. En outre dans son communiqué N°005/AIGE/2023, l’AIGE dément : ”Il a été constaté depuis un certain temps que des individus se réclamant de l’Autorité Indépendante de Gestion des Elections (AIGE) procèdent à l’établissement et à la diffusion de faux documents et de fausses informations relativement au déroulement du scrutin du 18 juin 2023 dans la région de Kidal”. Toute chose dénoncée par l’AIGE qui a fustigé et dénoncé ce comportement qu’elle a ensuite qualifié de malveillant relayés par des individus n’ayant aucune qualité pour s’exprimer en son nom.

Kidal est le seul endroit où le vote référendaire n’a pu se tenir ? Il nous revient que certaines contrées ont également connu un scénario similaire. On peut noter qu’à la fin du scrutin, la MOEDELE Mali a relevé dans les bureaux couverts par ses observateurs : La non-tenue du scrutin dans la région de Kidal ; Le matériel électoral brûlé dans le village de Chikata, commune de Dianguirdé, (cercle de Diéma) par des individus armés non identifiés ; le non fonctionnement pour cause d’insécurité de : 23 BV sur 38 dans le cercle de Youwarou, 25 BV sur 34 à Ouenkoro, 37 BV sur 47 à Segué. Tandis que dans d’autres localités, en raison de la menace terroriste, l’élection n’a pas eu lieu.

Pour autant, nombreux sont les observateurs a se féliciter du maillage du territoire par les forces armées et de sécurité. Toute chose ayant permis une bonne tenue d’un scrutin dans des zones jugées inaccessibles et impossibles. En effet, ce dispositif qui tire aussi son essence de l’opération Tilékura est appuyé par le centre de coordination des crises dont le travail a consisté à suivre et remonter toutes les menaces et informations.

Une approche nécessaire à la bonne organisation du vote. Une tâche ardue qui est une réponse forte des autorités à la lancinante question de la sécurité des élections générales. Le fait que les forces armées et de sécurité ont voté par anticipation a facilité l’organisation du vote référendaire jugé comme un test pour la sécurisation des futures échéances électorales.

Nouveau Cap

Sur le déroulement du scrutin, la COCEM a fait des observations: « I) l’accessibilité des observateurs aux bureaux de vote, II) l’ouverture des bureaux de vote, III) la présence des agents électoraux, IV) la disponibilité du matériel et documents électoraux dans les bureaux de vote, V) la sécurisation des centres de vote, VI) l’accessibilité des personnes vivant avec un handicap au vote, VII) les incidents critiques ».

Des observations qui permettent en partie de mesurer l’étendue des réussites et des échecs du processus.

En attendant la publication des tendances, certains spéculent sur le taux de participation. Nombre d’observateurs disent comprendre le peu d’engouement par endroit au vote puisque les enjeux sont peu connus des citoyens. « Le fait qu’il n’y a pas de candidat en lice ne facilite pas la mobilisation. Au Mali, les gens votent pour élire un maire, un député ou un président, le référendaire est peu connu et du coup intéresse moins », a laissé entendre un observateur de la scène politique nationale.

Par contre, un de nos interlocuteurs note plutôt un dégoût de la chose politique des citoyens qui est la base du manque d’affluence observée dans bien de bureaux de vote. « Les partisans du Oui ont mis en avant la personne du chef de l’Etat pour convaincre les citoyens. D’ailleurs, c’est ce qui a motivé beaucoup des citoyens à voter sans connaître même le contenu de la constitution », a fait remarquer un analyste.

Au bout du compte, si le Oui l’emporte, les attentes sont grandes et le temps ne sera pas forcément le meilleur allié des autorités de la transition puisqu’il faut trouver une équation à la tenue des autres élections dont la finalité est celle présidentielle prévue en février 2024. «Je voudrais aussi appeler tous les Maliens, quelle que soit l’issue de ce référendum, à se donner la main, à faire l’union sacrée autour du Mali », a lancé le président Goita. Cet appel du Chef de l’Etat est perçu comme un signe annonciateur d’une quête de consensus pour l’application de la nouvelle constitution.

A.M.C pour maliexpress.net

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