Rapport final controversé du 19è sommet du MNA: un incident regrettable

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye DIOP, en marge du 19e sommet du Mouvement des Non-alignés a affirmé que les voix ont porté après la protestation contre le document final comportant un chapitre controversé.

Avec les envoyés spéciaux de la chaine nationale, le chef de la diplomatie de notre pays, Abdoulaye DIOP, est revenu sur le rejet avec véhémence du rapport final du 19e sommet du Mouvement des Non-alignés tenu à Kampala du 19 au 23 janvier.

« C’était un incident regrettable », a répondu le ministre DIOP à l’interrogation de notre confrère de Bozola sur le rejet du rapport final par le Mali, à travers le ministre d’État représentant le chef de la transition, Assimi GOÏTA.

« Nous sommes dans un mouvement de non-alignés qui a vocation à renforcer la solidarité entre État et mettre en place une approche de relation sud-sud équilibrée entre les États. Il est à déplorer qu’un chapitre complet a été proposé sur le Mali par un État qui n’a pas été identifié, en tout cas qui ne s’est pas identifié parce qu’aucun État n’a assumé la responsabilité d’avoir inséré ce paragraphe qui concerne la situation dans notre pays », a expliqué le chef de la diplomatie de notre pays.

Dans le document incriminé, le ministre Abdoulaye DIOP a dénoncé qu’il contenait des informations sur la situation du régime des sanctions qui a été levé et, d’autre part, « un langage en lien avec l’accord pour la paix qui ne reflète pas la réalité d’aujourd’hui » et contraire aux intérêts du Mali.

Le pot aux roses a été découvert lors des travaux des experts, a-t-il rappelé, précisant que le travail du Mouvement des non-alignés est essentiellement coordonné à travers les missions diplomatiques depuis New York. Cependant dans cette affaire, il a déploré que la mission diplomatique du Mali à New-York n’a été aux échanges. De même, le document n’a pas été soumis au Mali pour des observations alors qu’il est le principal concerné.

A cet effet, a-t-il ajouté : « Nous nous sommes rassemblés nous-mêmes au niveau de la réunion des ministres des Affaires étrangères, sommes insurgés et avons opposé de fortes réserves. Le ministre d’État, ministre chargé de l’Administration territoriale qui représente le chef d’État au sommet des chefs de l’État et de gouvernement, a aussi fait de même. Nous avons fait une contre-proposition avec des amendements ».

A défaut prendre en charge l’amendement, notre pays a demandé que le texte soit purement et simplement retiré, a déclaré Abdoulaye DIOP au motif qu’on « ne peut pas raser la tête de quelqu’un en son absence » comme rappelé par le ministre d’État, chef de la délégation malienne.

Selon lui, la protestation du gouvernement a fait ses effets.

« Notre voix a été audible. Le président Museveni est tout à fait d’accord avec les arguments avancés. Dans les conclusions, il a souligné que le rapport du sommet va bien consigner que l’État du Mali s’oppose à ce texte et n’est lié d’aucune manière à ce texte. L’organisation à des procédures particulières. Le texte était pré-négocié à New York, il n’a pas été ouvert ici à Kampala. Lors des travaux subséquents qui se feront, un travail sera fait pour retirer cet élément », s’est-il réjoui.

Également, il a expliqué que les préoccupations du chef de délégation malienne relatives à l’amélioration des méthodes de travail du MNA ont été également prises en compte. Il s’agissait « à l’avenir, chaque fois qu’un État membre est concerné par une situation » qu’il soit informé par écrit afin qu’il puisse donner son accord.

Cet incident regrettable a non seulement permis de prendre en charge la préoccupation du Mali mais aussi de faire évoluer la façon de travailler de l’organisation, a reconnu le ministre DIOP.

PAR SIKOU BAH

Source : Info Matin

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *