Quand béçé-tigui cause la psychose à Ségou : Un déficient mental injustement pris pour cible par la population

Quand béçé-tigui cause la psychose à Ségou : Un déficient mental injustement pris pour cible par la population

Attention à la stigmatisation et à l’amalgame, éviter de se rendre justice, surtout garder son calme et ne pas paniquer… Et enfin, aider les forces de sécurité en leur communiquant toutes informations même apparemment anodines.

Nous publions en avant ce qui ressemble tout à fait à la conclusion d’une narration, ce, au regard de la gravité de la situation à Ségou. Les raisons :

Une photo insolite circule en ce moment (lundi 8 juillet 2024), sur les réseaux sociaux affichant un homme avec le crâne à moitié rasé portant une pancarte sur laquelle est écrit : « Dieu merci, aujourd’hui, on a arrêté ce monsieur à Sébougou-Sud- extension. Il a avoué être l’auteur de l’assassinat de la jeune dame Haidara à Bougoufiè. Il est actuellement dans les mains des autorités ».

Aussitôt, nous avons vérifié auprès de plusieurs sources sécuritaires, médicales et proches parents du présumé suspect.

Il nous revient, après témoignages, vérifications et recoupements que le présumé assassin est en vérité un déficient mental ce, depuis 2011. Il répond au nom de Seydou Sanogo, âgé de 35 ans,

Il se trouve en ce moment en soins intensifs à cause de ses troubles mentaux, à l’hôpital psychiatrique de Ségou, selon une source médicale. Il a même un dossier médical, en bonne et due forme.

Après vérifications, le malheureux habite à Sébougou chez ses parents qui le surveillent jour et nuit.

Ce lundi aux environs de 14h, il a tout simplement échappé à leur vigilance. Une fois dehors, il a rasé son crâne à moitié et a arpenté les rues avec des habits loin d’être à la mode.

C’est cet homme, un déficient mental, qui a donc été arrêté et molesté par la foule au motif qu’il serait “le tueur à la machette”.

Autant l’habit ne fait pas le moine autant un crâne à moitié rasé et des habits rapiécés ne font pas un assassin.

Mais lorsque la psychose s’en mêle, tout peut arriver…

Bien évidemment, en vue d’échapper à ses bourreaux, le prétendu assassin confirmait par un hochement de tête toutes les questions affirmatives que ces derniers lui posaient:

– N’est-ce pas toi le Bécé-Tigui?

– Oui !

– – N’est-ce pas toi qui a tué la dame à Bamanan-Kin?

– Oui !

– Tu as caché ton béçé ?

– oui, Oui, Oui…

Ne comprenant rien des enjeux et accusations, il répondait toujours par l’affirmatif, son seul et unique souci étant d’échapper à la bastonnade en règle.

Il s’agit donc d’aveux d’un fou en outre obtenus par la force.
Heureusement que les justiciers du dimanche se sont quelque peu retenus puisque craignant une riposte à la machette de leur soit disant “assassin” lors de la séance de bastonnade. Tout se passait comme dans l’histoire du chasseur et de la proie:

« le tueur de serpent a peur autant que le serpent lui-même ” dit l’adage.

Certains voulaient appliquer l’article 320 (brûler vif).

Fort heureusement, des Sages parmi les tortionnaires ont proposé une autre approche: le conduire devant les autorités compétentes. Le drame a pu être ainsi évité.

Le vrai faux assassin se trouve en ce moment sous la garde des services sécuritaires.

Une enquête est en tout cas ouverte par les autorités compétentes de Ségou.

Nous revenons donc aux normes de la narration: évitons l’amalgame ! Ne nous rendons pas justice ! Aidons et faisons confiance à nos pouvoirs publics !_

Bamananden Journal Kojugu Kelebaa

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