Protection des professionnels des médias dans le cyberespace : APPEL-Mali plaide à la relecture de la loi pour la presse en ligne

C’est dans une perspective de protection des professionnels de medias et assimilés dans le cyberespace, que les membres de l’association des professionnels de la presse en ligne (APPEL Mali), en partenariat avec International Medias Support (IMS), a organisé le 30 novembre 2023, au Mémorial Modibo Keita, Bamako un colloque national sur le thème : « Protection des professionnels des médias et assimilés dans le cyber espace au Mali ».

L’objectif global du colloque national était de plaider pour la protection les professionnels des médias en ligne et assimilés dans le cyber espace au Mali. Il ( colloque) a tenu sous forme de conférence-débats animée par des experts à travers trois panels sur des thématiques prédéfinies à savoir : la sécurité digitale, la pratique du journalisme et protection des données à caractère personnel et la loi N2019-056 du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité : recule ou avancée pour la liberté d’expression et de presse. 

Selon Mohamed Ag Albachar, représentant du ministre de la Communication , de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’administration, notre rencontre à pour but de plaider en faveur de cette protection indispensable, qui revêt une importance capitale dans le paysage médiatique actuel. Il est impératif d’assurer le stockage et la protection des informations collectées sur internet, de traiter et de diffuser dans un cadre légal des données professionnelles, qu’elles contiennent ou non des informations à caractère personnel. Il est également de respecté et d’intégrer les aspects légaux liés à la protection et à l’accessibilité de ces données professionnelles. 

Pour le représentant du ministre, la cybercriminalité représente une menace croissante, et c’est pourquoi « nous nous réjouissons de l’opérationnalisation de la loi n56 du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité au Mali. 

Cette loi, adoptée par le gouvernement du Mali, transpose les dispositions pertinentes de la Directive du 19 août 2011 de la CEDEAO , visant à lutter contre la cybercriminalité . Son objectif principal est de déterminer les infractions relatives à la cybercriminalité et d’établir la procédure à suivre en la matière.

« Toutefois, l’exercice de la liberté de la presse ne doit nullement nous perdre de vue la nécessité impérieuse de parvenir à une professionnalisation accrue des journalistes, en évitant également de mettre entre parenthèse les règles d’éthique et de déontologie, condition sine qua non de tant exercice de la liberté de la presse et d’expression », a rappelé Mohamed Ag Albachar, avant de souligné que son département jouera sa partition en veillant à la protection et la sécurité des hommes de médias, conformément aux lois de la République du Mali.

Quant au représentant du gouverneur du district de Bamako, Mangoro Kanté, certes, il faut protégé les journalistes, les professionnels de la presse mais il faudrait aussi qu’il comprenne que leur travail à des limites. Ainsi, le représentant du gouverneur invite les journalistes à travailler professionnellement dans le cadre du respect de la loi. Il a invité les participants à des échanges de plus fructueux pour assainir le secteur dans le cadre de la protection et du respect des autres. 

De son coté, Mahamadou Talata Maiga, administrateur de la Maison de la presse dira que parlé de cybercriminalité aujourd’hui suppose véritablement que nous avons franchi le pas depuis un peu plus d’une vingtaine d’années. C’est une initiative que « Nous saluons et que nous encourageons. Une initiative qui à notre avis nous permettra tout au cours de cette journée d’échanges de comprendre essentiellement que l’exercice de notre métier comporte beaucoup de défis ». Selon lui , aujourd’hui la matière la plus importante c’est l’information.

 Pour Modibo Fofana, Président Appel Mali, notre objectif est clair : plaider pour une protection indispensable qui revêt une importance capitale dans le paysage médiatique actuel. Modibo Fofana a souligné que : « nous souhaitons exprimer nos inquiétudes concernant certaines dispositions de cette loi, notamment les articles 20 et 21, qui punisse les menaces et les insultes fortes par le biais d’un système d’information. Ces sanctions , bien qu’importante, nécessitent une clarification des termes ‘’ menaces” et ‘’ insulte” pour éviter toute interprétation excessive qui pourrait entraver la liberté d’expression. De plus, la distinction entre les délits de presse via les technologies de l’information et de la Communication ( TIC) et ceux via internet nécessite une clarification urgente ».

« La protection des professionnels des métiers dans le cyberespace est un enjeu majeur et nous devons collaborer pour garantir une protection juridique solide tout en préservant la liberté d’expression. Nous espérons également que la relecture en cours de la loi aboutira du décret de projet pour la presse en ligne dans la loi 0046, également appelé loi de 2000, afin de renforcer la protection des journalistes professionnels en ligne ».

Par Lamine Kané pour Maliexpress.net

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