Processus électoral : Quid du respect du chronogramme

Des interrogations légitimes ? Certains parlent même de retard accusé dans la mise en œuvre du chronogramme électoral. Est-ce le cas ? Quelques pistes…

Après moult tractations, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a présenté en juin 2022 un projet de chronogramme des différents scrutins ainsi que des réformes politiques et institutionnelles. Le  projet en question est détaillé comme suit: « Le scrutin du référendum aura lieu au mois de mars 2023, la convocation du collège en février 2023, l’examen et l’adoption en mai 2023. Pour les élections des conseillers des Collectivités territoriales, la convocation est prévue en mars 2023, la campagne électorale en juin 2023 et le déroulement du scrutin au même mois de juin », explique-t-on au sein de la transition.

En pratique, le gouvernement a proposé le mois de juillet 2023, pour les élections des députés dont la campagne électorale va se dérouler en octobre 2023 et le scrutin du premier tour au même mois d’octobre tandis que le second tour est fixé pour le mois de novembre et la campagne électorale du second tour en novembre.

Pour ce qui est de la tenue de  l’élection du Président de la République, le collège est convoqué en octobre 2023, la campagne électorale du 1er tour et du second tour est fixée en février 2O24. De cette annonce à nos jours, qu’est-ce qui a changé sur le terrain ?

Du coup, certains évoquent des doutes qui pèsent lourdement sur le respect du calendrier électoral et la tenue des élections aux dates indiquées. Des arguments ne manquent pas puisque prévu pour Juillet 2022, le décret de nomination des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) n’a vu le jour finalement qu’en Octobre, soit 3 mois après.

Désormais, en charge des prochaines élections au Mali, l’AIGE mise en place et dirigée par Me Moustapha Cissé, demeure embryonnaire, du moins à l’état actuel des choses. Ses démembrements qui doivent être érigés dans le District, les régions, les cercles, les communes, les ambassades et consulats ne sont toujours pas installés. Pourtant, ce processus était prévu au plus tard le 2 août 2022.

Retour à l’ordre constitutionnel

Le Cadre d’échange des partis et regroupements politiques pour une transition réussie, la principale force d’opposition au pouvoir, multiplie des initiatives de rencontre pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Après de larges concertations à l’interne, très récemment, les responsables du Cadre sont partis à la rencontre des leaders de la société civile, notamment l’imam Mahmoud Dicko et autres. En clair, ce regroupement entend faire le constat de l’état de la nation et recueillir des idées pertinentes de propositions de sortie de crise.

Lors de leur rencontre avec le Premier ministre par intérim Abdoulaye Maiga, ces responsables du Cadre ont saisi l’occasion pour lui remettre leurs propositions écrites du retour à l’ordre constitutionnel et de la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par un Premier ministre neutre. Cette option est vouée à l’échec pour l’instant, puisque le chef du gouvernement après un repos forcé de plusieurs mois est revenu à la primature. Comme pour dire qu’il bénéficie encore de la confiance du chef de l’Etat.    

Avant même son retour, au sein du M5-RFP, la branche proche de Choguel Kokala Maïga, la proposition d’un gouvernement dirigé par un Premier ministre neutre ne semble pas passer. Ces derniers soutiennent toujours le retour de leur mentor à la Primature.

Venue rencontrer à Bamako les autorités de la transition, le 29 Novembre dernier, la délégation de la CEDEAO conduite par Goodluck Jonathan a estimé que beaucoup reste à faire.   « Il y a certes des progrès qui sont enregistrés çà et là et nous sommes d’avis avec les autorités qu’elles fournissent des efforts évidemment, il reste des domaines dans lesquels il faut mettre l’accent, travailler davantage », déclare l’ancien président du Nigeria. Inutile d’affirmer que le chef de la mission de la CEDEAO pour le Mali en demandant de mettre l’accent sur certains domaines et travailler davantage, fait allusion à l’organisation des prochaines élections. Faut-il dire que l’organisation des prochaines élections devient une équation à double inconnues?

D’ici là, les regards sont tournés vers Koulouka, siège du trône présidentiel, dans l’espoir que le locataire Assimi Goita va insuffler du vent nouveau dans la conduite des affaires publiques. Il est scruté de toute part et invité à reprendre la main, une nouvelle fois.

Jean Yves pour maliexpress.net

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