Niger-Tchad : les forces du G5 Sahel sont encore viables ?
Lors de la visite du président nigérien Mohamed Bazoum au Tchad, les questions de ravitaillement des forces G5 Sahel ont été au centre des pourparlers avec le Président de la République du Tchad, le Général MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO. Ils ont évoqué la sécurité dans la sous-région et l’avenir du G5 Sahel après le retrait du Mali de cette organisation.
A l’issue de la rencontre entre deux Chefs d’États, une conférence de presse a été tenue : le Président nigérien a fait savoir qu’une réunion des quatre autres alliés du G5 (Burkina Faso, Tchad, Mauritanie et Niger) est prévue pour s’assurer que le G5 est viable.
Concernant la viabilité de ces forces conjointes, composé à l’origine de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, le G5 Sahel est au cœur d’une initiative française à laquelle l’Algérie a refusé de participer. Depuis sa création, elle n’a jamais reçu les financements nécessaires à ses activités et a donc peu fait pour combattre les insurgés djihadistes dans la région du Sahel.
Les autorités maliennes ont annoncé le retrait le 15 mai 2022 de l’organisation définitivement pour la cause que cette force n’a vraiment jamais réussi à faire ses preuves depuis sa création. Au titre de rappel, le chef d’état-major général de l’armée du Mali a adressé une lettre au commandant du G5 Sahel pour lui notifier la fin de la participation malienne à la force et le rapatriement de ses éléments fin juin.
Dans le communiqué officiel, le gouvernement malien indique que le transfert de la Présidence de l’organisation au Mali devrait avoir lieu en février 2022, mais cela n’a pas eu lieu. Selon Bamako, « l’opposition de certains États du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée aux manœuvres d’un État extrarégional visant désespérément à isoler le Mali », sans également préciser ce dernier État.
« Le G5 Sahel a été créé au Mali. C’était l’épicentre du terrorisme. Et c’est le cas encore. Nous espérons toujours que le Mali reviendra sur sa décision. Nous regrettons ce qui s’est passé. Nous avons espoir. Soyez rassurés que notre noble mission, va continuer de plus belle car la lutte contre le terrorisme est une lutte mondiale. C’est une lutte qui concerne tout le monde. Je crois qu’ensemble, nous pourrons bien mener cette mission », a déclaré le Chef de l’État tchadien lors de la conférence de presse tenue ce mercredi 13 juillet à Ndjamena.
Les propos du président de transition tchadien sont bien logiques, un pays ne peut pas résister seul a une menace grandissante terroriste. Néanmoins, ces propos n’expliquent pas le refus des autorités tchadiennes de céder la Présidence du G5 Sahel. En outre, le G5 Sahel est lié à la présidence malienne au sein de l’institution.
Les autorités de transition maliennes sont toujours ouvertes pour le dialogue avec les États voisins mais sans le leadership d’un État extrarégional, la France, qui lutte contre le terrorisme et interfère dans les affaires intérieures des pays africains en même temps. Il s’agit ici d’une nouvelle approche, d’une nouvelle stratégie qui changera la répartition des forces et de l’influence dans la région du Sahel.
Source: Malijet
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