Mort du président iranien : le gouvernement officialise le décès d’Ebrahim Raïssi, après le crash de son hélicoptère

Mort du président iranien : le gouvernement officialise le décès d’Ebrahim Raïssi, après le crash de son hélicoptère

Le président iranien Ebrahim Raïssi est mort à l’âge de 63 ans, ce dimanche 19 mai, après le crash de son hélicoptère présidentiel dans la province de l’Azerbaïdjan oriental. Un « accident », selon les autorités iraniennes, alors que la tension entre le régime des mollahs et Israël est très élevée, sur fond de guerre à Gaza depuis le 7 octobre dernier.

Dans un communiqué publié ce lundi matin, le gouvernement iranien a assuré que le décès d’Ebrahim Raïssi, qui n’avait été jusque-là annoncé que par des médias d’État, n’allait pas entraîner « la moindre perturbation dans l’administration » du pays. « Le président du peuple iranien, travailleur et infatigable, (…) a sacrifié sa vie pour la nation », a réagi le gouvernement. « Nous assurons à la nation loyale que, avec l’aide de Dieu et le soutien du peuple, il n’y aura pas la moindre perturbation dans l’administration du pays », a-t-il ajouté. Dans une interview au média d’Etat iranien Mehr, le vice-président Mohsen Mansouri a également confirmé ce décès, ainsi que celui de ceux qui accompagnaient Ebrahim Raïssi, lors du crash.

Cet ultraconservateur a été élu en juin 2021 à la tête de la République islamique d’Iran, soutenu par le régime conservateur en place, au premier tour d’un scrutin, marqué par une abstention record. Toujours coiffé de son turban noir et vêtu d’un long manteau de religieux, il avait succédé au modéré Hassan Rohani, qui l’avait battu à la présidentielle de 2017 et ne pouvait plus se représenter après deux mandats consécutifs.

Adversaire résolu d’Israël
En mars dernier, Ebrahim Raïssi est sorti renforcé à l’issue des législatives, premier scrutin national depuis le mouvement de contestation qui a secoué l’Iran fin 2022 à la suite du décès de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée pour non-respect du code vestimentaire strict de la République islamique. Le président iranien s’était alors félicité d’ « un nouvel échec historique infligé aux ennemis de l’Iran après les émeutes » de 2022.

Le Parlement, qui entrera en fonction le 27 mai, sera très largement sous le contrôle des camps conservateurs et ultraconservateurs, qui soutiennent son gouvernement.

Ces derniers mois, Ebrahim Raïssi s’est présenté comme un adversaire résolu d’Israël, l’ennemi juré de la République islamique, en apportant son soutien au mouvement islamiste palestinien Hamas depuis le début, le 7 octobre, de la guerre qu’Israël lui livre dans la bande de Gaza. Il a ainsi justifié l’attaque inédite lancée par l’Iran le 13 avril contre Israël, avec 350 drones et missiles, dont la plupart ont été interceptés avec l’aide des États-Unis et de plusieurs autres pays alliés.

Considéré comme le futur Guide suprême
Né en novembre 1960 dans la ville sainte chiite de Machhad (nord-est), Ebrahim Raïssi a monté durant trois décennies les échelons du système judiciaire, après avoir été nommé procureur général de Karaj, près de Téhéran, à seulement 20 ans, dans la foulée de la victoire de la Révolution islamique de 1979.

Procureur-adjoint de Téhéran à partir de 1985, il a participé à la répression et aux exécutions massives d’opposants en 1988. C’est à ce titre qu’en 2019 il a été inscrit par Washington sur la liste noire des responsables iraniens, soupçonné de « complicité de graves violations des droits humains ». Il a ensuite été procureur général de Téhéran de 1989 à 1994, puis chef adjoint de l’Autorité judiciaire de 2004 à 2014, année de sa nomination au poste de procureur général du pays.

En 2016, le guide suprême Ali Khamenei l’a placé à la tête de la puissante fondation caritative Astan-é Qods Razavi, qui gère le mausolée de l’Imam-Réza à Machhad ainsi qu’un immense patrimoine industriel et immobilier. Trois ans plus tard, il prend la tête de l’Autorité judiciaire. Disciple assidu des cours de théologie du Guide suprême Ali Khamenei, devenu proche parmi les proches, Ebrahim Raïssi était présenté depuis 2017 comme son probable successeur.

Marié à Jamileh Alamolhoda, professeure de sciences de l’éducation à l’université Chahid-Béhechti de Téhéran, avec laquelle il a eu deux filles diplômées du supérieur, M. Raïssi est le gendre d’Ahmad Alamolhoda, imam de la prière et représentant provincial du Guide à Machhad, deuxième ville d’Iran.

LEPARISIEN

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