MINUSMA : Les non-dits d’un départ au forceps  

À Bamako, les mobilisations se succèdent pour réclamer le départ de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), alors qu’elle est aujourd’hui implantée comme un arbre au cœur du pays. Acter le départ de la MINUSMA élargirait davantage le chômage dans le pays.

Après les manifestations du 28 avril et du 25 mai derniers, un autre rassemblement contre la MINUSMA est prévu pour le 23 juin prochain, organisé par le mouvement Yèrèwolo Debout sur les Remparts.

En effet, à quelques semaines du renouvellement du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le mouvement Yèrèwolo Debout sur les Remparts, en partenariat avec d’autres organisations, s’est mobilisé successivement le 28 avril 2023 au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bâ, et le 25 mai dernier, pour réclamer le départ immédiat de la MINUSMA. Cette décision est considérée par certains comme une menace pour leur emploi.

Même si la MINUSMA est critiquée aujourd’hui pour ses actions néocolonialistes et pro-françaises, elle joue un rôle considérable tant pour le développement du pays que pour les opérations monétaires dans les banques des régions du nord. Elle assure le transport pour le ravitaillement des institutions financières de ces régions, ainsi que des évacuations sanitaires, des ponts aériens facilitant les voyages, l’acheminement de médicaments et le transport des officiels maliens.

En outre, bien que les résultats de la MINUSMA ne soient pas satisfaisants, en particulier en ce qui concerne la protection des civils, certains habitants sont favorables à sa participation au développement et au changement de la situation de vie des populations.

Cela a conduit les organisations de la société civile de Gao à faire une déclaration le 29 avril dernier, à la suite du rassemblement du 28 avril, exprimant leur opinion sur la campagne menée à Bamako depuis quelque temps pour demander le départ de la MINUSMA.

Dans cette déclaration, les organisations de la société civile regrettent l’initiative de certains mouvements et associations qui réclament le départ de la MINUSMA au Mali, malgré son rôle économique dans le pays.

Selon elles, la contribution de la MINUSMA au changement radical des conditions de vie et de travail de nombreux compatriotes ne doit pas être sous-estimée. Elles soulignent que des compatriotes y travaillent, que des entrepreneurs sont des partenaires contractuels de la mission, et que les transporteurs et autres prestataires sont également liés à la mission. De nombreux bâtiments et services publics, tant au Nord qu’au Centre, ont été réhabilités et équipés par la MINUSMA.

Par ailleurs, la résolution 2640 (2022) adoptée en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies a prolongé le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) pour une année supplémentaire, jusqu’au 30 juin 2023, tout en maintenant ses 13 289 soldats et 1 920 policiers.

À moins d’un mois de la date butoir du 30 juin prochain, où la Minusma pliera bagage ou verra son mandat renouvelé, certains mouvements tels que Yerewolo Debout sur les remparts, ainsi que plusieurs partis politiques et organisations de la société civile proches des autorités de la transition, persistent dans leur lutte pour le départ de la Minusma.

Malgré les déclarations ferventes de certains en faveur du départ de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), d’autres s’y opposent car elle leur permet de subvenir à leurs besoins et de vivre aisément.

Oumar Sawadogo

Source : l’Observatoire 

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