MÉTIER D’ÉBOUEUR : La fulgurance d’une activité génératrice de revenus

Considéré comme un travail réservé aux moins que rien, le métier d’éboueur engendre d’importants revenus. Les entreprises qui opèrent dans ce secteur ont le vent en poupe, car ne manquant jamais de clients.

L’agglomération de Bamako, avec ses millions d’habitants, déverse des milliers de tonnes de déchets chaque mois. Les entreprises ayant un contrat avec la mairie centrale du District de Bamako se contentent d’entretenir les grandes artères de la capitale. Qu’en est-il des nombreux quartiers qui composent le District ?

En plus des GIE qui s’occupent de la gestion des ordures, de nombreuses petites entreprises ont fleuri et s’accaparent de bon nombre de clients. Dans chaque quartier, le constat est quasi similaire. L’entreprise de gestion des ordures Kassambara en commune 1 se frotte les mains. Son promoteur, un diplômé en maîtrise (Histoire) est aujourd’hui à la tête de cette structure avec un chiffre d’affaires de 20.000.000 FCFA.

Selon lui, ses débuts se concentrent sur les ordures de 5 familles à raison de 35OO F par cour. Aujourd’hui, il se réjouit d’être au sommet dans sa commune. Dans les statistiques qu’il nous a montrées, il gère les ordures de plus 450 cours, soit 1.575.000 FCFA par mois.

Par ailleurs, notre promoteur avoue qu’il emploie un peu plus de 75 personnes au sein de son entreprise. « Je contribue ainsi à diminuer le taux de chômage dans ma commune en offrant un emploi aux jeunes. Nous commençons le ramassage des ordures de 22h à 3 heures du matin. Ainsi, en plus de ce travail, ceux qui bossent avec moi pour faire autres choses pour avoir plus d’argents », précise-t-il.

Malgré que son entreprise dispose d’un tracteur, des chariots et des ânes pour les ramassages, M. Kassambara regrette les violences dont font l’objet quelques-uns de ses employés par des voyous. Ainsi lance-t-il un appel aux autorités afin qu’elles mettent tout en œuvre pour assurer la sécurité des populations dans certains quartiers de la commune 1 aux heures tardives.

En commune 6, précisément à Kalaban-Coro, l’entreprise K affiche le même constat. Dans cette structure de gestion des ordures, son promoteur affiche sa joie d’être à la tête de cette boite qui emploie des dizaines de travailleurs. Il estime que c’est un travail tout à fait convenable et incontournable pour le bon déroulement de la vie dans la capitale. Selon lui, son entreprise génère beaucoup de revenus.

« Après les recouvrements et les salaires des travailleurs ainsi que l’entretien du matériel de travail, je fais des bénéfices vraiment acceptables. Je n’ai pas à me plaindre à ce niveau. Aujourd’hui, je n’envie personne et je peux affirmer avec fierté que je suis mieux payé qu’un cadre A de la fonction publique. Quand j’ai débuté, les gens se moquaient de moi, mais aujourd’hui, je vis dans ma propre maison et j’ai même acheté une voiture Rav4. Je suis très heureux. » Nous confie notre interlocuteur.

Comme pour dire que ce travail assure une bonne rémunération à ses promoteurs. Par contre, qu’en est-il des travailleurs qui sont chargés d’exécuter la tâche ? Moussa Konaté, de l’entreprise Kassembara en commune 1 affirme être payé convenablement. Moussa dira même que ce travail lui permet d’avoir beaucoup plus d’argent du fait d’être libre toute la matinée pour effectuer d’autres tâches. « Je travaille uniquement la nuit, alors j’ai le temps d’avoir un deuxième emploi pendant la journée pour accumuler mes revenus. Je suis payé correctement et ceux avec qui je travaille ne se plaignent pas non plus. Alors, il n’y a rien à ajouter à ce niveau », a-t-il témoigné pour dire qu’il n’y a vraiment pas de sot métier !

La jeunesse, à travers ces deux témoignages ne doit pas uniquement être à l’attente des concours de la fonction publique pour travailler. Les statistiques du dernier concours effectué sont alarmantes. Plus de 60.000 candidats pour seulement 800 postes à pourvoir. C’est tout simplement aberrant.

Si on veut développer une nation, chacun doit apporter sa pierre à l’édifice et ne pas toujours attendre quelque chose de l’Etat. Le cas du Mali est encore plus compliqué dans la mesure où le pays fait face à de multiples problèmes alors la problématique de l’emploi chez les jeunes n’est pas la priorité du gouvernement dans les temps qui courent.

Ahmadou Sékou Kanta

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