Mali: la rentrée scolaire sur fond de fermeture des classes dans les zones de crises

Au Mali, les classes ont été reouvertes sur toute l’étendue du territoire, hier lundi. Mais, le moins qu’on puisse dire, cette rentrée scolaire n’est pas effective dans certaines localités des régions du nord et du centre durement affectées par l’insécurité.

Selon un rapport de l’organisation Éducation sans délai en date de septembre 2022, environ 1.730 écoles sont fermées affectant plus de 520.000 élèves et 10.000 enseignants sont enregistrées dans le pays. L’essentielle de ces écoles fermées concernent les régions du Centre et du Nord très affectées par l’insécurité que traverse le Mali depuis plus d’une décennie. En juin 2019, l’écrasante majorité de ces écoles étaient fermées ou n’étaient plus opérationnelles au Mali en raison de l’insécurité, selon l’UNICEF.

Les fermetures des classes touchent essentiellement les petites villes et les villages ; où la présence de l’armée et de l’Etat se fait désirer. La rentrée scolaire 2022-2023 a pu être effective dans les grandes agglomérations, comme les capitales régionales et les quelques villes. A Gao, Tombouctou, en passant par Ménaka jusqu’à Mopti, Bandjangara… les classes ont été reouvertes en présence des autorités régionales éducatives. « Le matin du 03 octobre, ils étaient presque tous présents pour la rentrée académique 2022-2023: Le président du CGS, le Vice-président de l’autorité intérimaire cercle, le chef de Division Enseignement Secondaire, Supérieur et de recherche scientifique, le Censeur, les Professeurs et les élèves », a indiqué Acherif Ag Ismaguel de l’Académie d’enseignement de Ménaka.

Le rapport de l’organisation Éducation sans délai indique que la fermeture des classes s’explique par les nombreuses attaques contre les élèves, le personnel scolaire et les établissements d’enseignement. L’insécurité a eu un impact dévastateur sur l’accès à l’apprentissage tant elle à l’origine de décès et les blessures causées au sein des acteurs scolaires. « Elles entraînent souvent une baisse de l’assiduité des élèves, des problèmes de déploiement des enseignants dans les zones d’insécurité », relève le rapport. La fermeture pendant plusieurs années dans ces localités, note le rapport, entraîne aujourd’hui une baisse de la qualité de l’éducation, une exposition accrue à des formes graves de violence et à d’autres risques, notamment le mariage d’enfants, les grossesses précoces, les déplacements forcés, le travail des enfants et le risque d’être recruté par des parties au conflit. Pour le fonds onusien, il est à craindre que cette situation ne s’aggrave, soulignant l’importance de la prévention et de la préparation pour garantir un accès continu à des services éducatifs de qualité.

Dans ces conditions, les Nations-Unies exhortent le gouvernement, toutes les parties en conflit et la communauté internationale à prendre des mesures concertées pour mettre fin aux attaques et aux menaces contre les écoles, les étudiants et le personnel scolaire en Afrique Occidentale. Il s’agit également d’intensifier le soutien responsable et durable à un apprentissage de qualité pour chaque enfant de la région. Cela passe enfin par un renforcement des solutions d’apprentissage alternatives, innovantes et flexibles pour la continuité éducative.

 Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net

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