Mali / Côte d’Ivoire : l’étau se resserre autour d’Ainéa Ibrahim Camara, président autoproclamé de la transition

Ancien candidat aux élections législatives de mars 2020 en Commune III du district de Bamako, Ainéa Ibrahim Camara s’est autoproclamé « nouveau président de la transition au Mali » à compter du 27 février dernier. Depuis cette déclaration faite à Abidjan, l’homme politique est à la fois recherché par les autorités ivoiriennes et maliennes.

« Le Gouvernement ivoirien ne saurait tolérer la déstabilisation d’un pays frère à partir de son territoire ». La réaction du pouvoir Alassane Dramane Ouattara n’a pas tardé suite à la déclaration du mégalomane Ainéa Ibrahim Camara. Dans un communiqué signé par le Général Diomandé Vagondo, ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité, le gouvernement déclare « condamner ces agissements qui sont contraires aux principes démocratiques d’accession au pouvoir d’Etat ».

La veille de ce communiqué du gouvernement ivoirien, Ainéa Ibrahim Camara a échappé à une arrestation de la police ivoirienne qui s’est rendue à son domicile. Le président autoproclamé de la transition au Mali n’y était pas. Il a sans doute eu vent de ce qui se tramait autour de lui, et a pris la poudre d’escampette.

Au Mali, le ministre de la Justice Mamoudou Kassogué a ordonné des poursuites judiciaires à l’encontre  de Ainéa Ibrahim Camara.

Dans une lettre au Procureur général de la Cour d’Appel de Bamako, le ministre Kassogué évoque une « entreprise de déstabilisation des institutions de la République ». Des « faits graves », selon le ministre malien de la Justice, susceptibles de recevoir plusieurs qualifications pénales. L’étau se resserre donc autour du roi sans royaume, en fuite en Sierra Léone, selon le journaliste Serge Daniel.

Personnage très controversé

Président du Mouvement les Républicains et ancien candidat aux élections législatives de mars 2020 en Commune III à Bamako, Ainéa Ibrahim Camara avait été écroué à la prison centrale de Bamako, avant le jour du scrutin. En sa qualité de PDG d’une société dénommée Investia-Fonds d’Investissement-SA, Ainéa Ibrahim Camara était poursuivi, dans ce dossier, pour « escroquerie et abus de confiance ». L’homme d’affaires avait encaissé des chèques sans honorer ses engagements de fourniture de ciment, de carreaux et de fer à une tierce société.

Profitant d’une part de la froideur des relations diplomatiques entre les autorités maliennes et ivoiriennes suite aux sanctions de la CEDEAO dont Alassane Dramane Ouattara est perçu comme principal instigateur, et d’autre part de la déclaration du Cadre d’échanges des partis politiques de ne pas reconnaître les autorités actuelles de la transition à compter du 25 mars, Ainéa Ibrahim Camara a voulu jouer à un jeu dangereux, au point de se faire brûler les ailes.

Source : Maliweb.net

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