LE PM ABDOULAYE MAÏGA A LA TRIBUNE DE LA COP27 : D’un ton péremptoire ! 

A la tribune de la COP27, le Premier ministre par intérim est resté droit dans ses bottes. Pour le colonel Abdoulaye Maïga, il est non seulement impératif que les partenaires techniques et financiers se mettent davantage à l’écoute des besoins du Mali, mais aussi important que les plus gros pollueurs assument pleinement leur responsabilité dans la lutte contre les changements climatiques. 

Le mardi 8 novembre dernier s’est ouverte, à Sharm El Sheikh, en République Arabe d’Egypte, la 27ème Edition de la conférence des parties de la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), à laquelle a pris part le Premier ministre par intérim, colonel Abdoulaye Maïga.

Le Premier ministre par intérim a, d’entrée de jeu, fait savoir que le Mali est engagé dans un processus de Transition dont la justification et le substrat reposent sur la nécessaire refondation de l’Etat afin de répondre durablement aux aspirations profondes et légitimes de notre peuple, notamment en matière de restauration de la sécurité, de préservation de la paix, de la cohésion nationale, de la souveraineté, de l’unité et de l’indépendance de notre Etat. Dans ce processus irréversible, soutient le colonel Abdoulaye Maïga, les Hautes Autorités du Mali accordent un ordre de priorité élevé aux défis posés par les changements climatiques en raison de notre vulnérabilité particulière aux plans climatique, environnemental et écologique.

Aux dires du Chef du Gouvernement par intérim, la COP 27 se tient à un moment où le monde est à la croisée des chemins et peine à transformer la promesse des sommets mondiaux successifs sur le climat en dividendes d’un mieux-être et d’une prospérité partagée pour les habitants de notre planète. Mais aussi à un moment où le Mali, un Etat avec une superficie de 1 241 238 km2, et aux deux tiers désertiques, est confronté à de nombreux défis liés aux changements climatiques, lesquels défis rendus encore plus ardus par l’accumulation des crises sécuritaires, politiques, économiques, humanitaires, et sanitaires.

Et le PM de soutenir que « ces défis et vulnérabilités créent un terreau fertile à la dégradation de l’environnement et son corollaire d’érosion de la résilience des populations, illustrée par le phénomène des personnes déplacées internes, des réfugiés, de la migration de masse et de l’exode rural ».

Quid des initiatives environnementales ?

« Le Mali est désireux d’aller vers une transition écologique et énergétique justes et équitables, soutenues par des moyens de mise en œuvre adéquats et conséquents », a souligné le colonel Maïga qui a expliqué que c’est dans cet ordre d’idées que le Chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, a décidé, dès son investiture le 07 juin 2021, de renoncer immédiatement aux deux tiers des fonds de souveraineté alloués à la Présidence de la République afin de les consacrer à des œuvres sociales. « Ce programme présidentiel d’urgence sociale a permis à ce jour, la construction de 213 forages sur toute l’étendue du territoire national ayant permis aux populations vulnérables et aux couches défavorisées d’avoir accès à l’eau potable », a-t-il indiqué.

A en croire le Premier ministre par intérim, cette initiative d’atténuation des effets des changements climatiques entre dans sa phase de croisière et sera consolidée par les actions vigoureuses contenues dans le Plan d’action du Gouvernement qui prévoit, en moyenne, le reboisement de 100 000 hectares par an ; la restauration des terres dégradées du fait de l’avancée du désert et de la dégradation des lits et des berges des principaux cours d’eau, dont les fleuves Niger et Sénégal, la reprise des travaux du barrage de Taoussa, ainsi que la construction des centrales photovoltaïques à travers le pays. Cela permettra au Mali d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique à l’horizon 2030.

Animé par la volonté d’ériger les questions environnementales au rang de priorité, a rappelé le Premier ministre intérimaire, le Président de la Transition a engagé le Gouvernement, dès le Conseil des Ministres inaugural, tenu le 17 juin 2021, à prêter une oreille attentive à l’adaptation des populations et à l’atténuation des changements climatiques.  

En outre, à l’issue des Assises Nationales de la Refondation tenues en décembre 2021, des recommandations pertinentes ont été formulées. Leur mise en œuvre efficiente permettra indubitablement de renforcer la position du Mali qui demeure un puits de carbone.

Des arsenaux juridiques

La protection de l’environnement au Mali remonte à des siècles, telle qu’illustrée dans la Charte de Kurukanfuga, adoptée en 1236, dira le Chef du Gouvernement. « Le Mali est doté d’un arsenal juridique adapté en matière de réponse aux effets des changements climatiques, comme le Cadre Stratégique pour une Economie Verte et résiliente au Climat, ou le document de Contribution Déterminée au niveau National (CDN), dans lequel notre pays s’engage à une réduction moyenne de 40% d’émission de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 », a ajouté colonel Maïga.  

Cependant le Premier ministre par intérim a regretté « les sanctions inhumaines, illégales et illégitimes qui furent imposées au Mali pendant sept longs mois d’embargo, de janvier à juillet 2022 par la CEDEAO et l’UEMOA et qui ont porté un coup dur, au-delà de l’économie nationale et des secteurs sociaux, à nos efforts de longue date en matière d’adaptation et d’atténuation des effets des changements climatiques ». Ainsi a-t-il relevé l’importance de la problématique du financement du climat, de manière ambitieuse, robuste et flexible. « Cela nécessitera, assurément, une transformation et une réforme fondamentale de l’architecture financière des banques multilatérales de développement et une réforme de la gouvernance mondiale, afin de mieux faire face à l’urgence climatique et ce, dans le cadre d’une approche globale de transition équitable pour assurer un développement durable au bénéfice exclusif des populations affectées », a-t-il martelé.

Par ailleurs, le colonel Maïga a martelé : « Il est impératif que les partenaires techniques et financiers se mettent davantage à l’écoute de nos besoins, et, surtout, que tous et chacun, s’assurent que leurs interventions sont en adéquation avec les trois principes clés définis par le Président de la Transition, Chef de l’Etat, Son Excellence le Colonel Assimi GOITA en matière de coopération et de partenariat avec le Mali. Il s’agit du respect de la souveraineté du Mali ; du respect des choix stratégiques et de partenaires opérés par le Mali et, enfin, de la prise en compte des intérêts vitaux des populations ».

Le PM par intérim a persisté qu’en « termes de principe de la responsabilité commune mais différenciée, l’Afrique n’est responsable des émissions cumulées mondiales que de 4%. Par conséquent, il est important que les plus gros pollueurs assument pleinement leur responsabilité dans la lutte contre les changements climatiques. En effet, les promesses non tenues sont de nature à affecter la survie de l’humanité ».

Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a rassuré l’assemblée que le Mali reste convaincue plus que jamais, de l’importance de conjuguer nos efforts communs et d’agir ensemble de manière sincère et transparente afin que la présente COP27 ne soit pas une messe de plus, encore moins un rendez-vous manqué pour l’humanité dans la quête de préservation de la planète terre et dans notre ambition collective d’assurer un développement durable pour les générations présentes et futures.

Cyril Adohoun

Source : l’Observatoire 

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