Police de proximité : Un dispositif au cœur de la sécurisation de Bamako

Dans de le cadre de la sécurisation des communes de Bamako et environnantes, le Ministère de la sécurité et de la protection civile avait présenté à ses partenaires, aux services centraux, aux élus communaux son projet de mise en place d’une police de proximité. Aujourd’hui, elle se retrouve au cœur du dispositif sécuritaire de Bamako en particulier et du Mali en général.

La police de proximité a pour objectif de renforcer le lien de confiance entre les Forces de sécurité et la population. Une vision du gouvernement du Mali de lutter contre le grand banditisme et les trafics de tout genre dans la capitale mais aussi, c’était un moyen pour rassurer les populations de l’effectivité d’une sécurité plus proche d’elles.

www.maliexpress.net La présence visible des policiers aux principaux carrefours de la capitale malienne (Bamako), pour réguler la circulation et mettre en confiance la population, répond à l’un des principes fondamentaux du concept de police de proximité. Engagée dans sa mission régalienne de sécurisation des habitants et de leurs biens, elle est fortement appréciée par les différents citoyens des communes Bamakoise.

Apres sa mise en place, la police de proximité a pour missions entre autres de mieux sécuriser les personnes et leurs biens et de garantir une meilleure implication de la société civile et de l’administration dans la gestion des questions de sécurité. De ce fait, chaque Commune a été dotée d’une commission de sécurité et grande commission intercommunautaire regroupant tous les acteurs impliqués au niveau des Communes et du District de Bamako. Participeront à cette vaste opération de sécurisation, la gendarmerie nationale, la police nationale, la garde et la protection civile.

En effet, la capitale malienne avait sombré dans la violence et le grand banditisme. Chose qui avait conduit à l’assassinat d’un imam, au meurtre d’un commerçant à son domicile, des attaques armées incessantes, des braquages de tout genre et d’autres actes criminels. L’insécurité s’était imposée de façon accrue à Bamako et dans sa périphérie. Pour contrer ce fléau, le gouvernement avait alors mobilisé un millier d’éléments de la police nationale pour faire face à la situation désespérante qui devenait le quotidien des maliens.

Premier bilan d’étape : plusieurs dizaines de suspects interpellés et des armes saisies. Près de 600 suspects ont été interpellés en moins d’une semaine à Bamako et dans sa périphérie. Parmi eux, des dizaines de visages recherchés par la justice, comme ce gang de criminels qui écumaient l’est de Bamako ou encore des spécialistes du vol à main armée. Dans cette dynamique, la police a effectué plusieurs descentes dans des quartiers chauds de la capitale. Pour plus d’efficacité, certaines patrouilles étaient pédestres, d’autres motorisées.

Résultat : plus de 200 motos, dont une partie servait à commettre des crimes, ont été saisies, selon les chiffres fournis par la police nationale. Des motos saisies, mais également une vingtaine de véhicules. Les malfrats opéraient avec des armes. Et l’important dispositif déployé, un millier de membres des Forces de l’ordre, a permis de saisir plusieurs dizaines de pistolets automatiques, des fusils ainsi que des munitions. Mais grâce notamment à des écoutes téléphoniques, une autre descente a été menée à la périphérie de Bamako. Là, une importante quantité de drogue a été saisie. Plusieurs personnes interrogées saluent à Bamako la réaction des autorités face à cette insécurité, tout en demandant que les dispositifs mis en place ne soient pas levés.

Autre opération menée, “Founou-Founou” du 3ème arrondissement où une importante quantité de cocaïne avait été saisie à Missira dans la rue Colombie en commune II du district de Bamako. Dans le cadre de cette opération spécialement dédiée à la lutte contre la distribution et la consommation de drogue, le commissaire divisionnaire de police Amadou Balobo Maïga et ses hommes avaient frappé un grand coup, à travers la saisie d’une quantité impressionnante de cocaïne. Cependant, en prélude à cette opération, elle a d’abord été expliquée et approuvée par les notables et familles fondatrices de Bamako. D’où la nécessité impérieuse d’une collaboration avec la population s’impose.

Installé dans un pick-up avec l’écriteau BS dans un carrefour sur la voie menant à Koulikoro, le sergent AS se dit fier de contribuer à la sécurisation de ses concitoyens. « Nous sommes dans une période ou le danger est partout, c’est pour cela qu’accomplir ma mission de sécurisation est un honneur pour moi. Je reconnais que ce n’est pas facile car je reste debout arme à la main pendant des heures mais je sais aussi que notre présence rassure les habitants et dissuade les bandits à mener des opérations. Ce qui m’encourage le plus, c’est la gratitude des gens qui sont sous notre protection. En effet, ils collaborent énormément avec nous et cela nous aide dans notre travail. Seulement je dois faire preuve de vigilance et utiliser les moyens nécessaires pour accomplir ma mission »

Réaction unanime des riverains

Propriétaire d’une boutique de pièces détachées pour automobile, Baba Diallo espère la continuité de cette manouvre qui a fortement contribué à la baisse du banditisme dans son secteur d’activité. « Pour ma part, j’ose croire que cela ne prendra pas fin de sitôt. Rien à dire, ces policiers qui sont là aujourd’hui ont contribué à éradiquer les vols et les casses des boutiques dont nous étions victimes tout le temps. Avec leur mobilité et leur collaboration avec la population que nous sommes, la police de proximité occupe aujourd’hui une place de choix dans le cœur des maliens. Je peux tranquillement dormir sachant que ma boutique ne craint rien car nos autorités ont trouvé la formule pour contrecarrer les stratégie démoniques des délinquants ». Raconte notre interlocuteur.

Soumaïla Konaré, habitant de Korofina Sud exprime son soulagement face à cette nouvelle mesure. Selon lui, il était temps que l’Etat mette en place cette solution pour contrer le grand banditisme. « Avec la présence accrue des policiers dans les différentes artères de la communes et surtout à tous les carrefours stratégiques de la capitale, cela a fortement impacté sur la mobilité et les agissements des petits délinquants. Je ne peux pas dire qu’on est en sécurité en 100% mais on remarque que les choses ont considérablement changé depuis ces quelques temps ; » nous relate-t-il.

MS, habitant la zone résidentielle de Sotuba ACI apprécie les efforts de sécurisation des autorités à l’endroit des populations des différentes communes de Bamako. « Depuis plusieurs mois, mon quartier connait une baisse significative en terme de braquage ou attaque d’un autre genre. Avec les actions coordonnées par le commissariat de Sotuba en en symbiose avec la police de proximité, tout se déroule bien. La présence des policiers sur les principaux axes a réduit le taux d’accidents graves et mortels ainsi que les enlèvements de véhicules et des personnes. Nous constatons une nette amélioration de la situation sécuritaire dans la ville

 Franchement, on ne peut saluer cette prouesse mis en place par les départements de la sécurité malienne. En outre, avec les numéros verts des services de polices, j’estime que l’essentiel est fait. Ainsi, il revient aux différents populations des quartiers de mieux coopérer avec les agents afin que nous puissions instaurer une sécurité définitive dans nos différents lieux d’habitation et de travail »

Innovation

Autre innovation dans ce secteur, les commissariats de police de Bamako portent désormais les noms de leurs zones d’implantation. En effet, le ministre de la sécurité et de la protection civile a pris un arrêté en date du 21 Aout 2022 portant dénomination des commissariats de police du District de Bamako et certains de la Région de Koulikoro. Avec cet arrêté ministériel par exemple, le commissariat du 1er arrondissement devient le commissariat du Centre commercial. Celui du 2ème arrondissement devient le commissariat de Dravéla-Bolibana. Le commissariat du 3ème arrondissement change de dénomination pour devenir le commissariat de Quinzambougou. Le commissariat du 4ème arrondissement porte désormais le nom du quartier de Torokorobougou, celui du 5ème arrondissement, le nom de Lafiabougou. Celui du 6ème arrondissement devient le commissariat de Korofina. Egalement, le commissariat du 7ème arrondissement porte désormais le nom de Sogoniko et celui du 10ème arrondissement devient le commissariat de Niamakoro. Il en est de même pour l’ensemble des 20 commissariats de police du District de Bamako et des 8 relevant de la Direction régionale de la police de Koulikoro qui reçoivent également les dénominations de leurs zones d’implantation.

Jean Yves

Source: www.maliexpress.net

 

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