La junte malienne veut- elle se maintenir longtemps au pouvoir ?

Le processus de relecture de la charte de la transition au Mali, est officiellement lancé. Le CNT, l’organe législatif nommé par les militaires, a été convoqué pour une session à partir du vendredi 4 février, pour réviser « la charte de la transition et la loi électorale ». L’ordre du jour était le nouveau projet de loi adopté vendredi soir en Conseil des ministres qui entend supprimer le poste de vice-président de la transition. Est-ce une manière de renforcer les pouvoirs du chef de la junte ? La junte ne donne-t-elle l’occasion à ses détracteurs de la critiquer ?

Il y a une véritable levée des boucliers de la part des opposants à la transition, après la convocation du CNT en session extraordinaire pour la relecture de la Charte. Les avis sont divergents et chacun y va de son petit commentaire. Si pour les partisans de la junte il est nécessaire de relire pour rendre actuel son contenu et enlever toutes les incongruités, pour les opposants la relecture de la charte n’est qu’un subterfuge pour la junte pour se maintenir longtemps au pouvoir. Aux opposants de renchérir, que si le poste de vice-président de la transition venait â être supprimé, le colonel Assimi Goïta serait le seul à diriger le pays.

Un membre du cadre des concertations des partis  politiques pour une transition réussie n’a pas caché son ras le bol : « Nous pensons qu’actuellement, la priorité des priorités est de proposer un calendrier électoral consensuel avec l’ensemble des forces vives de la nation. Cette relecture devrait être le cadet des soucis du gouvernement de la transition. La junte HYPERLINK “https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220206-la-junte-malienne-veut-renforcer-les-pouvoirs-d-assimi-go%C3%AFta”malienne veut renforcer les pouvoirs d’Assimi Goïta, cette révision de la charte de transition, montre une volonté manifeste des autorités maliennes de faire seul et d’agir de façon autoritaire pour saisir le pouvoir et s’y demeurer ».

Aboubacar Sidiki Fomba, membre du Conseil national de la transition, rétorque en disant qu’il n’y a aucune volonté de renforcer les pouvoirs du président de la transition. « La révision de la charte ne parle nullement du renforcement des pouvoirs du président. Premièrement, il s’agit de sortir du cataclysme juridique et du vide constitutionnel. Deuxièmement, de permettre au ministre de la Défense de jouir pleinement de tous les pouvoirs au niveau de la sécurité et de la défense. Troisièmement, il s’agit d’élargir le CNT et de faire en sorte que nous soyons conformes par rapport à la composition du gouvernement », déclare le membre du CNT.

Avons-nous  besoin de tout cela étant entendu que le Mali est sous embargo depuis plus d’un mois ?

Le 9 Janvier passé la CEDEAO a pris une batterie de mesures économiques contre le mali pour sanctionner l’intention de la junte à se maintenir au pouvoir encore plusieurs années après deux coups d’Etat, la première en aout 2020 puis en mai 2021. Il serait préférable de trouver d’abord des solutions pour la levée de ces sanctions avant de penser à une révision de la charte de transition, qui du reste, est nécessaire pour non seulement la toiletter, mais aussi et surtout l’adapter au nouveau contexte surtout à la fin du délai de 18 mois.  Même si ces choix politiques sont aux antipodes de la conception de la transition par la communauté internationale.

En effet, les Etats de l’Afrique de l’Ouest et la communauté internationale, exigent  la réduction de la durée de transition et demande de présenter diligemment un chronogramme pour les élections. Car pour la Communauté internationale le Mali est le théâtre des opérations des groupes djihadiste depuis 2012 à cela s’ajoute une crise institutionnelle d’une gravité énorme, occasionnant des panoplies de sanctions, ne faudrait-il pas parer au plus pressé pour que ces sanctions inhumaines puissent être levées, avant tout autre chose ?

En somme, le pauvre Mali a tellement souffert  qu’il est grand temps pour nos autorités  d’en être conscient et de préserver  d’abord les intérêts du pays  avant leurs intérêts.

Source : l’Alternance

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