Fête de l’armée : Assimi dévoile sa vision militaire

Fête de l’armée : Assimi dévoile sa vision militaire

Entre la célébration de la journée de la souveraineté retrouvée le 14 janvier et la fête de l’armée le 20 janvier, on voit clairement que le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, a opté pour un changement radical de doctrine et de vision pour le Mali et son Armée. Cette nouvelle orientation du pays se révèle de plus en plus dans le discours du chef suprême des armées, notamment à l’occasion de la célébration du 62e anniversaire de la création de l’armée nationale.

Selon Assimi, chaque génération a des missions historiques à assumer, dans un contexte marqué par la lutte contre les groupes armés terroristes, imposant au peuple une guerre qui s’accompagne de souffrances indicibles. Assimi s’est montré soucieux du fait que tout cela se passe dans un environnement géopolitique complexe dont les Maliens doivent avoir une fine lecture afin d’éviter d’être impressionnés par de fausses analyses n’ayant d’autres objectifs que de les maintenir dans la dépendance.

Dans ce contexte où les États ne sont motivés que par leurs intérêts, selon le chef de l’Etat, le centre de gravité est le peuple malien. Aussi, le président de la transition a montré encore qu’il tient à la voie tracée par le gouvernement depuis la tenue des Assises nationales de la refondation. Ces Assises ont recommandé la militarisation de la police nationale, une réforme qui participe du renouveau de notre outil de défense.

Il s’agit pour la transition de renforcer les effectifs et les capacités des Forces de Défense et de Sécurité, engagées dans une lutte sans répit contre le terrorisme. A en croire le président de la transition, la lutte contre le terrorisme étant un combat multiforme et de longue haleine, le souci primordial a toujours été de disposer d’un outil de Défense à hauteur de la menace.

De nombreuses opérations ont été initiées dans le but de protéger et de soulager les souffrances des populations exposées aux actions perfides des groupes armés terroristes. L’opération Maliko s’est largement focalisée sur le retour de l’autorité de l’État et de la restauration de l’État de Droit ainsi que la libre circulation des personnes et de leurs biens. Bien que les résultats aient été fort appréciables, l’adaptation à la nature de la menace exigeait une nouvelle posture. D’où l’opération Kélétigui, marquée par la prise d’initiative pour le contrôle effectif du terrain. Elle vise à rechercher et neutraliser les groupes terroristes en détruisant leurs sanctuaires.

C’est ainsi que de nombreuses zones refuges des terroristes ont été identifiées et détruites au cours de l’année 2022 sans compter la récupération d’importants lots de matériels et de munitions. Une autre opération d’envergure, dénommée ‘’ Tilé Kura’’ qui, en plus de la consolidation des acquis de ‘’Kélétigui’’, s’inscrira dans la dynamique de sécurisation de la tenue du référendum ainsi que des élections générales à venir. À terme, toutes ces opérations concourent, non seulement, à étendre les espaces contrôlés pour permettre la libre circulation des personnes et de leurs biens, facteur de reprise des activités socioéconomiques et du retour durable de l’administration et des services sociaux de base.

Comment ne pas mentionner les acquisitions de matériels par des Forces de Défense et de Sécurité en deux ans de Transition ? Ces acquisitions dépassent largement celles des décennies précédentes, selon le chef suprême des armées. Durant l’année écoulée, les forces de Défense et de Sécurité ont été renforcées en matériels roulants majeurs, en armements et munitions pour augmenter les capacités des unités terrestres. Des avions de chasse de type Su-25 et L-39 Albatros, des hélicoptères de type Mi- 35, Mi-24, Mi-8, Mi-171, et un avion de transport multi rôles de type CASA C-295 pour renforcer les capacités aériennes et aéromobiles. Nous avons également acquis des radars de surveillance, des moyens de défense sol-air et des drones de type Bayraktar TB2 pour renforcer les capacités de l’Armée de l’Air.

Assimi se veut aussi un chef soucieux du bien-être des troupes. C’est ainsi qu’il a octroyé six milliards de francs CFA aux veuves et orphelins des soldats tombés sur le théâtre des opérations. Sur le plan des infrastructures, il convient de noter le début de la construction de 4000 logements dont 1000 sont déjà en construction, pour les Forces de Défense et de Sécurité dans la Garnison de Kati ainsi que dans d’autres régions. La construction de l’hôpital militaire de 4e génération se poursuit également. Après la construction des camps de Nara et de Banamba, celle de Bougouni, San, Koutiala, Diema et Kita est imminente.

Soumaïla Diarra

SourceLe Pays