MISE EN PLACE DE L’AIGE : Polémiques au sein de la classe politique

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Concerter la classe politique et tenir compte du poids des partis ou regroupements politiques dans le choix des membres de l’Autorité Indépendante de Gestion des Elections (AIGE), des acteurs politiques se prononcent sur la question avec de fortes divergences de vue.   

La rencontre du ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Abdoulaye Maiga, avec la classe politique en présence de l’envoyé spécial de la CEDEAO pour le Mali, l’ancien président du Nigeria Goodluck Jonathan, le jeudi 21 juillet, marque une étape importante dans le processus d’organisation des élections à venir.

Faut-il rappeler que l’objectif de cette rencontre était de convenir avec la classe politique sur les modalités de désignation des quatre acteurs politiques devant siéger au sein de l’AIGE. Une approche du patron de l’Administration territoriale qui, pour certains, augurent d’une très bonne chose, alors que d’autres estiment qu’elle va créer la polémique et qu’il sera difficile pour les partis politiques de faire prévaloir le minimum de consensus sur leurs représentants au sein de l’organe qui aura la lourde tâche de gérer les élections au Mali.

Renaitre la confiance

Présent à cette rencontre du Ministre avec la classe politique, le 8e vice-président du PRVM FASOKO Bourama Doumbia s’est réjoui du fait que ladite rencontre permet de faire renaitre la confiance entre les partis politiques et le ministère de l’Administration territoriale.

«J’avoue qu’au vu de tout ce que j’ai pu entendre là-bas la confiance renait petit à petit entre les partis politiques et le ministère de tutelle. Beaucoup de leaders politiques ont salué le caractère inclusif de l’action entreprise dernièrement par le ministre de l’administration territoriale vis-à-vis des partis politiques, et puis la plupart des partis politiques présents avaient déjà fait des propositions. Les techniciens du ministère ont présenté la synthèse de ces propositions dans lesquelles chacun se trouvait », a déclaré Bourama Doumbia.  Selon lui, les participants ont déploré aussi le timing du calendrier électoral qui accorde quatre jours seulement entre la concertation des partis politiques (21 juillet) et la publication de la liste des membres de l’AIGE (25 juillet). 

« Beaucoup ont dit que ce n’était pas évident. Il fallait prendre en compte les questionnements des uns et des autres et de pouvoir bien les traiter, et pour ensuite faire un bon choix de la procédure en question, en tenant compte du poids des partis politiques,  leurs participations aux dernières élections ou tout simplement faire le choix à partir des regroupements des partis politiques», a-t-il rappelé.

Concours de sélection

Estimant que le ministre de l’Administration territoriale ne devait même pas convoquer les partis politiques pour leur demander de désigner leurs représentants au sein de l’AIGE, Aboubacar Sidick Fomba, porte-parole du Collectif pour la Refondation du Mali (COREMA) reste convaincu que les acteurs politiques ne vont pas s’entendre sur la question. Il regrette du fait que de telle rencontre ait tenue en présence de Goodluck Jonathan, dans un pays souverain.

« Je crois que le ministre devait prendre ses responsabilités, d’abord personnellement je n’ai pas apprécié que nous fassions ce genre de concertation en présence de Jonathan, pour moi ce n’était pas nécessaire, on est un pays souverain on n’a pas besoin d’appui pour un choix des partis politiques. C’est la raison pour laquelle j’ai personnellement décliné l’offre, et nous nous sommes fait représenter pour comprendre la situation », a-t-il précisé.

Et d’ajouter : « Entre les partis politiques il n’y a jamais d’entente. De plus de 200 partis, ils ne peuvent pas s’entendre il fallait tout simplement enlever le quota des partis politiques au sein de l’AIGE ».

« Je dis que cette loi électorale qui implique les partis politiques dans le choix des membres de l’AIGE n’est pas une bonne chose, et vous allez voir que du début à la fin il y aura tout temps de problèmes. Même si les partis parviennent à choisir les quatre membres, au moment de la mise en place des commissions il y aura encore des querelles, il fallait tout simplement se limiter aux sept personnes, organiser un concours de sélection par ordre de mérite pour désigner les sept personnes jadis proposées par le gouvernement », a indiqué Aboubacar Sidick Fomba, membre du CNT, selon qui,  il n’y a même pas de base juridique pour créer l’AIGE et la loi électorale.

Ousmane Morba pour Maliexpress.net