Evolution de la Transition au Mali : Le réajustement au lieu de la rectification ?

Evolution de la Transition au Mali : Le réajustement au lieu de la rectification ?

A travers les consultations politiques qu’il vient d’entamer, le président de la Transition, Bah N’Daw, devra écouter et donner suite aux plaidoyers récurrents pour calmer les récriminations contre la marche de cette période transitoire.

La majorité des observateurs de la scène politique nationale s’accorde pour dire que la Transition en cours au Mali a besoin de plus d’inclusivité pour maximiser ses chances d’aboutir à des élections moins contestables. Lesquelles « élections incontestées » constituent la profession de foi du Premier ministre Moctar Ouane, qui ne cesse de le promettre à ses différents interlocuteurs. Comme ce fut le cas, le vendredi dernier face aux ambassadeurs et diplomates des pays de la Umah islamique, invités en rupture collective du jeûne à la primature.

En effet, il est certain qu’avec une certaine mauvaise foi, les élections générales, objectif majeur de la Transition, seront contestées, même si elles venaient à être bien organisées. Le seul moyen sûr d’éviter de semer des germes de contestation de ces élections est de revoir la question d’inclusivité ressassée par les principaux partenaires du pays. Même si le Comité d’orientation stratégique des réformes politiques et institutionnelles est mis en place avec des responsables de la classe politique, il est établi qu’il n’a qu’un rôle consultatif. Les politiques souhaitent ardemment jouer un rôle décisif dans l’attelage institutionnel pour impulser les réformes conduisant aux élections.

C’est pourquoi dans toutes les rencontres que le président Bah N’Daw a avec les forces vives du pays, il transparaît le besoin d’intégrer d’autres acteurs majeurs à la gestion du pays durant cette transition.

En effet, le M5-RFP en face du président de la Transition, a clairement exigé que le gouvernement actuel soit purement et simplement dissout, de même que le Conseil national de Transition (CNT). C’est pour que ce dernier organe soit « remplacé par un organe plus respectueux de la Loi et plus légitime ». Cette « rectification » à laquelle appelle le mouvement tombeur du régime d’IBK, trouve un écho favorable dans l’opinion, eu égard aux difficultés de la gouvernance actuelle. Celles-ci sont mises en relief par un front social en constante ébullition, par la multiplication des manifestations de désapprobations de certaines couches de la population (sit-in et marches contre les délestages électriques, protestations contre certaines nominations, etc). Tous ces mouvements ajoutés à d’autres revendications sociopolitiques électrisent davantage le climat de la gouvernance. Et, il urge que les premiers dirigeants du pays œuvrent à baisser cette tension. C’est aussi la quintessence du discours des organisations de la Société civile à leur passage au palais de Koulouba, le samedi dernier.

Il s’ensuit qu’à défaut de la rectification, il doit être au moins question d’un réajustement du paysage institutionnel. D’où des rumeurs sur un gouvernement d’union nationale et peut-être un remodelage du CNT. N’est-ce pas une sorte de passage obligé pour décrisper l’atmosphère et susciter une plus grande convergence de vue en vue d’aller sereinement à des élections plus acceptables via des réformes politico-institutionnelles consensuelles ? Tout semble l’indiquer, surtout que Bah N’Daw a besoin d’un véritable modus vivendi pour apaiser aussi le front social.

Source : maliweb.net