Emmanuel N’Gallé : la reconversion pour une migration ordonnée

Emmanuel N’Gallé : la reconversion pour une migration ordonnée

Du Cameroun au Mali en passant par l’Egypte où il a vécu les affres de la migration, Emmanuel N’Gallé, aujourd’hui promoteur et président du centre dénommé Bloc d’Aide et d’Accompagnement des Migrants (BLAAM), est le prototype de migrant qui tire bien que mal son épingle du jeu.

Originaire du Cameroun, Emmanuel N’Gallé n’a pas hésité à emprunter les routes migratoires pour se soustraire aux problèmes socio-économiques dans son pays, mais surtout pour subvenir aux besoins de ses parents. « Étant l’ainé de la famille et voyant les conditions dans lesquelles vivent mes parents m’ont obligé à prendre la route de l’Europe dans le but de pouvoir aider la famille, une fois étant là-bas. Hélas ! Peine perdue », justifie le quadragénaire. 

L’itinéraire de migrant a conduit Emmanuel N’Gallé du Cameroun au Nigéria, puis Benin et Burkina, ensuite au Mali où de Bamako, il prit la direction des villes de Douentza, Tombouctou. De l’Algérie, il atteignit le Maroc avant de retourner en Algérie pour trouver de quoi faire comme travail pour sa bourse. « Malheureusement, je suis tombé dans un refoulement massif de subsahariens vers Tizawati », raconte-t-il. 

Déterminé à atteindre les côtes européennes, notre migrant d’alors mettra d’autres stratégies en place. Mais, ces tentatives seront vaines, car arrêté de nouveau à Issalla, il n’a cessé d’être sujet à des transfèrements de commissariat en commissariat ou au camp de rétention de migrants. Ces péripéties ont fini par avoir raison de son ambition de migrant, d’où son retour volonté à Bamako où il s’est installé depuis juillet 2009 jusqu’aujourd’hui. « Mon installation a été plus facile, parce que j’ai accepté de revenir, je me suis préparé sur le plan mental », révèle-t-il.

M. N’Gallé n’est pas homme à se laisser emporter par les épreuves. « Je n’ai pas été pris en charge, je me suis battu moi-même », témoigne-t-il, pour sans réinsertion sociale. Ainsi poursuit-il : « Avant de créer le centre, j’ai travaillé dans un autre centre, ARACEM, pendant plusieurs années, de septembre 2009 à novembre 2020, en tant que permanent, puis chef de centre. J’ai aussi gérer plusieurs projets en tant que Point focal de plusieurs ONG. Après tant d’expériences, je suis engagé à créer quelque chose qui cadre avec mes ambitions. Car j’ai autre vision de la migration. Ainsi prendra corps mon projet BLAAM. »

Le centre de Emmanuel N’Gallé s’occupé des migrants de retour. « Nous les accueillons ici, les écoutons ; à ceux qui sont de passage, nous leur expliquons les risques et dangers (arnaques, viols, esclavage, etc.) qu’ils encourent, surtout dans le désert et la Méditerranée. Aussi, nous assistons juridiquement certains. » Ces assistances, le promoteur du BLAAM les met au compte des expériences acquises avec la Croix-Rouge malienne. 

Malgré ses objectifs de migration ordonnée, le BLAAM vit « grâce aux revenus d’une société » que son promoteur Gallé a créée, faute de partenaire financier. « Il ne faut pas se jeter à la migration, au désert, à la Méditerranée, parce qu’on veut aller », conseille-t-il. 

Le promoteur du BLAAM est aujourd’hui un véritable défenseur de la migration ordonnée. Selon lui, le centre prend en charge les migrants de retour et les aide dans la rédaction de CV et la recherche d’emplois. Une source de motivation pour M. Emmanuel N’Gallé. Un coup isolé n’arrête jamais le combat, dit-on. 

Cyril Adohoun

Source : Maliexpress.net