Le ministre Mossa Ag Attaher sur le comité olympique : “Mon interlocuteur dans la gestion des questions du sport en dehors des services de l’Etat est le Cnosm”

Le ministre Mossa Ag Attaher sur le comité olympique : “Mon interlocuteur dans la gestion des questions du sport en dehors des services de l’Etat est le Cnosm”

Evoquant le rapport entre le ministère des Sports, le Comité olympique et les fédérations, le ministre a reconnu qu’il y a des confusions dans ce rapport dû au manque de compréhension des limites, des prérogatives des uns et des autres. Il a expliqué que ce manque de compréhension fait que si un athlète a des problèmes de primes et autres, il cherche à voir directement le ministre pour lui expliquer ses problèmes. Il n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour préciser le rôle des uns et des autres.

Je suis permanemment confronté à ce genre de problème. Et si je ne reçois pas cet athlète en audience, il va crier sur tous les toits que j’ai refusé de le recevoir. Ce que les gens doivent savoir, le ministre des Sports n’est pas l’interlocuteur d’un athlète, je ne suis pas l’interlocuteur d’un entraîneur, ni d’une équipe. Je ne les connais pas. Mon interlocuteur principal dans la gestion des questions du sport en dehors des services de l’Etat, c’est le Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm). Quand je suis arrivé à la tête du département, j’ai été désagréablement surpris d’apprendre que le Comité olympique est absent de certaines discussions relatives au sport. Nous ne pouvons pas réussir une bonne collaboration, un bon partenariat avec les fédérations quand nous ne sommes pas en rapport étroit avec le Comité olympique qui est le principal interlocuteur du ministère des Sports et des fédérations.

Les choses se passent comme ça dans les autres pays. Quand j’ai pris service, le Comité olympique a été la première structure que j’ai visitée. Et j’ai expliqué au président du Comité olympique que je viens avec une main tendue pour une collaboration étroite pour qu’il nous éclaire, pour qu’il nous guide à mieux servir le sport et à mieux servir les fédérations. Donc, le premier interlocuteur du ministère des Sports est le Comité national olympique et sportif du Mali qui est, à son tour, la référence auprès des fédérations pour répercuter un certain nombre de sujets sur lesquels le ministère doit travailler ou doit discuter avec elles. A ce titre, le Comité national olympique et sportif du Mali est, entre autres, chargé de coordonner les activités des fédérations et groupements sportifs représentés en son sein ; de formuler tout avis et proposer toutes mesures visant la promotion des activités physiques et sportives, de l’esprit sportif ainsi que de la lutte contre la violence dans les infrastructures sportives. Il a pour rôle de contribuer à la promotion de la représentation nationale au sein des instances et organismes nationaux et internationaux en collaboration avec les fédérations sportives nationales concernées.

Les fédérations sont les émanations de plusieurs associations sportives de type amateurs ou professionnels qui se sont régulièrement affiliées. Le but d’une fédération sportive, c’est l’organisation de compétitions ou toutes autres formes d’activités sportives dans une ou plusieurs disciplines sportives à l’intention des associations membres légalement constituées. Ce qui veut dire que chacun a son rôle qu’il est bon de chercher à comprendre. Et on s’arrête là. Les fédérations gèrent les équipes nationales, elles gèrent le choix des athlètes, elles gèrent la composition des joueurs, elles gèrent l’appel des joueurs pour servir sous le drapeau national. Le ministre ne connaît pas les joueurs. Il ne sait pas pourquoi ils ont été appelés sous le drapeau pour jouer dans une équipe, comment ils s’appellent, d’où viennent”, a-t-il précisé. Il a salué l’excellente relation qu’il a pu créer avec le président du Comité olympique et les présidents des fédérations qui les accompagnent tous les jours dans le domaine du sport.

Sur les crises au sein des fédérations, le ministre a été clair : “le sport n’est pas régi par les tribunaux ordinaires. Quand il y a un problème dans une fédération, le Comité olympique s’implique pour trouver une solution. Et quand il n’y a pas de solution, il y a des tribunaux spécifiques au sport. Malheureusement, les acteurs du sport se convoquent aux tribunaux de telle et telle Commune pour une question de mandat, je pense qu’il y a problème de compréhension”. Il s’est réjoui de son implication dans le retour de l’accalmie dans la crise du football qui avait impacté les jeunes. Cette accalmie a permis aux équipes nationales d’aller jouer aux championnats nationaux et à la coupe du Mali, aux Coupes d’Afrique.

“Les textes du ministère des Sports ne régissent pas les clubs et ne prévoient pas un financement des clubs”

Le point saillant de l’émission a été le volet des charges financières du département concernant les sélections nationales, sur les primes et les salaires des entraîneurs et des athlètes et la crise du football. Le ministre a sauté sur l’opportunité pour clarifier certaines situations financières. Le ministre a précisé que dans son bureau, ses seules références dans la gestion sont les textes, la loi et les règlements.

“Après Dieu, je ne me réfère qu’aux textes. Je ne prends l’avis de personne. J’ai des documents comme les Arrêtés interservices régissant les primes et les indemnités, les Arrêtés fixant le traitement des salaires des entraîneurs, l’Arrêté fixant les prérogatives du ministère. Ce sont des documents que je lis avant de prendre des décisions. Dans les textes qui ne sont pas parfaits, l’Etat n’a le droit et le pouvoir que d’accompagner les fédérations sportives quand il s’agit d’une participation à une compétition dont l’objectif principal est de ramener des médailles, des trophées et autres titres.

A ce titre, nous accompagnons toutes les équipes nationales de toutes les disciplines sportives, collectives et individuelles. Mais, nous n’avons dans nos textes aucun moyen et aucun article ni aucune orientation qui nous permet d’accompagner les clubs. Donc, les textes du ministère des Sports ne prévoient pas un financement des clubs. Nulle part, les textes du ministère des Sports ne régissent les clubs. Les clubs sont privés et à ce titre, l’Etat n’investit pas les moyens publics dans leurs activités”, a-t-il indiqué.

Mais, malgré cela, il a reconnu que les clubs ont de l’importance dans la constitution des équipes nationales. Il s’est dit défenseur des clubs qui défendent aussi le drapeau national sur le plan régional, sous régional et africain. Malgré que le financement des clubs n’étant pas dans les textes, il a soutenu que les clubs participant aux compétitions africaines méritent d’être accompagnés par l’Etat.

“C’est ainsi que j’ai proposé de relire l’Arrêté ministériel qui gèrent les affaires. Je ferai tout pour qu’il y ait le maximum de capacité à aider les clubs. Parce que les clubs sont les viviers pour les équipes nationales. Si les clubs meurent, les équipes nationales vont mourir. Parce que ce n’est pas les quelques binationaux qui vont faire les équipes nationales. La majorité de nos joueurs internationaux sont sortis des clubs. Mais, pour le moment, le ministre des Sports n’a pas 5 F CFA pour les clubs”, a-t-il clarifié.

Sur le traitement financiers des équipes nationales, les salaires des entraîneurs des équipes nationales et les primes des athlètes, le ministre a laissé entendre qu’il y a l’Arrêté interministériels n° 2015-1423 Ministère des Sports/MR du 22 mai 2015 qui traite de ces questions. Cet Arrêté est inscrit dans la mise en œuvre dans la politique nationale du développement du sport à travers son axe stratégique N° 2. Il a reconnu que la prise de cet Arrêté en 2015 a permis de booster des résultats sportifs.

A ses dires, ce même Arrêté régit les primes des catégories séniors des équipes nationales et leurs encadrements techniques. Les catégories juniors, cadettes et autres peuvent recevoir des intéressements du ministre suivant leurs résultats. “Il y a des primes pour les équipes séniors et des encouragements pour les autres catégories inférieures en fonction de leurs résultats”, a-t-il été rappelé.

Dans ses réponses, Mossa Ag Attaher a évoqué l’affaire de l’équipe des sourds-muets de football qui avait défrayé la chronique. Il a fait savoir que certaines personnes ont récupéré cette affaire pour en faire une affaire politique. “Ce bruit autour de l’équipe de football des sourds-muets n’avait aucune raison d’être. C’était une exploitation du malheur des sourds-muets par certaines personnes à la recherche de renommée populaire. Au niveau du ministère des Sports, nous avons pu trouver les fonds nécessaires (84 millions F CFA) pour envoyer cette équipe à la compétition”, a-t-il explicité.

“Le paiement des primes des basketteurs qui ont refusé de jouer à Kigali au Rwanda a commencé le samedi 30 juillet 2022”

Il est revenu sur l’état des lieux des arriérés de salaires des entraîneurs et des primes des athlètes. Il a reconnu qu’il y a d’énormes arriérés de salaires et de primes. Il a abordé le cas des basketteurs qui ont refusé de jouer les éliminatoires de la coupe du monde à Kigali au Rwanda. Il a informé que le paiement des primes de ces joueurs a commencé le samedi 30 juillet 2022.

L’état des lieux de quelques primes impayées

– Athlétisme : 30 570 000 F CFA représentants les primes aux championnats ouest africain de Conakry de 2017, au tournoi de solidarité Bénin 2019, au championnat ouest africain Niamey 2019

– Basketball : 243 850 000 F CFA représentant les primes de 2019, 2020, 2021. Sur cette somme les 57 millions des basketteurs qui ont refusé de jouer à Kigali (Rwanda) sont en train d’être payées depuis le samedi 30 juillet 2022.

– Football : 269 600 000 F CFA représentant les primes des éliminatoires du championnat Egypte 2019, les primes des matches gagnés des éliminatoires de la Can Côte d’Ivoire 2023 dont le processus de paiement est en cours.

– Rugby : 10 659 000 F CFA, somme pour les compétitions de la Coupe d’Afrique régional de rugby Bénin 2019.

– Karaté : 6 850 000 F CFA représentants les primes des tournois de la Zone II de 2016,2017, 2019, 2020 dont le processus de paiement est engagé.

– Taekwondo : 7 500 000 F CFA pour les Jeux africains de Maroc 2019 et le tournoi qualificatif pour les Jeux olympiques 2020.

– Vovinam : 2 900 000 F CFA pour les primes de la Coupe d’Afrique Burkina Faso 2019.

– Bras de fer sportif : 17 950 000 F CFA pour les primes du championnat d’Afrique Ghana 2018 et le championnat d’Afrique Mali 2019

– Femash : 102 237 000 F CFA représentant les primes des compétitions des championnats d’Afrique Mali 2018, championnat d’Afrique Cecifoot Cap-Vert 2018, tournoi ouest africain de football des sourds Togo 2019, championnat d’Afrique d’Haltérophilie Algérie 2019, championnat ouest africain de football des sourds Sierre Leone 2020, championnat d’Afrique Cecifoot Niger 2020, Parahandicap Tunisie 2020, handifoot Niger 2020, championnat d’Afrique de football Kenya 2022 et Tunisie 2022. Le processus est engagé pour le paiement de ces primes.

– Cyclisme : 8 400 000 F CFA

– Maracana : 86 000 000 F CFA

– Judo : 300 000 FCFA

– Kung Fu : 2 800 000 FCFA

– Boxe : 96 000 FCFA

– Salaires des entraîneurs des équipes nationales au 27 août 2021 : 2 000 068 567 FCFA représentants le primes de 2018, 2019, 2020, sur lesquels 1 200 000 000 ont été payés en une année en 3 tranches de 422 millions FCFA chacune. Les salaires des entraîneurs des équipes nationales restant à payer s’élèvent à 625 239 000 FCFA.

Siaka DOUMBIA

Source : Aujourd'hui Mali