CARTE NINA ET SITUATION DES MALIENS EN DETRESSE A L'EXTERIEUR : Le Ministre Ag Ilyene à la barre

CARTE NINA ET SITUATION DES MALIENS EN DETRESSE A L'EXTERIEUR  : Le Ministre Ag Ilyene à la barre

Entre autres questions ayant fait objet de l’interpellation du ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, Alhamdou Ag ILYENE, par les membres du Conseil National de Transition (CNT), les difficultés liées à la carte NINA, la situation des Maliens en détresse à l'extérieur, l'état d'exécution du budget 2022, etc.

Le ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, Alhamdou Ag ILYENE, était, mardi 08 novembre dernier, devant la Commission Affaires étrangères et maliens de l'extérieur du CNT pour une écoute. Il était accompagné de Mme Haidara Zarha Walet Hamed Idda.

Sur la situation de nos compatriotes en détresse le ministre a informé les membres du CNT que le Gouvernement de la République du Mali, a créé des conditions favorables et a mis en place des outils stratégiques pour une meilleure gouvernance du phénomène migratoire. C’est dans ce cadre que la Politique Nationale de Migration (PONAM) et son plan d’actions ont été adoptés par le Gouvernement en septembre 2014. Compte tenu des difficultés relatives à la protection et à l’assistance de nos compatriotes établis à l’extérieur, l’Etat a mis en place un fonds appelé « filet social » pour leur venir en aide. Dans le même sens un partenariat a été développé avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) pour favoriser et encourager le retour volontaire de nos compatriotes en situation de détresse. 

Ainsi, de janvier 2022 à nos jours, 6115 migrants maliens ont été rapatriés de façon volontaire grâce aux efforts conjugués du Gouvernement et de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). D’ici mi-décembre 2022, le rapatriement de 1 000 migrants maliens en situation de transit au Niger à travers sept (7) vols charters est déjà planifié. Selon les statistiques de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) en matière de rapatriement et d’assistance aux retours volontaires des migrants, le Mali est le premier pays dans le monde. Cela démontre les efforts notoires du Gouvernement et de ses partenaires sur la problématique migratoire. Il a rappelé que l’engagement des autorités nationales sur les enjeux migratoires a conféré au Mali en décembre 2021, le statut de pays champion en matière de gouvernance migratoire par les Nations Unies. 

Il a également rappelé le cas de nos compatriotes en détresse en guinée Equatoriale. Il faut noter que les autorités de la Guinée Equatoriale ont entamé un contrôle documentaire annuel des étrangers sur l’ensemble de leur territoire pour assurer la sécurité et la stabilité lors des élections générales, prévues le 20 novembre 2022 disent-elles. Les corps diplomatiques accrédités ont été informés de la teneur de cette décision. Ainsi, l’Ambassade du Mali à Malabo a relayé l’information auprès de la communauté malienne. 

Cependant, nos compatriotes se plaignent des lourdeurs administratives dans le traitement de leurs documents de résidence de la part des autorités équato-guinéennes.

Selon l’ambassade, environ 137 maliens sont arrêtés dont une vingtaine à Malabo à la date du 26 octobre 2022. Cette estimation peut évoluer suivant l’intensification et la durée des opérations. Ces maliens arrêtés bénéficient de l’assistance de l’Ambassade, du Consul honoraire à Bata et de la communauté malienne à travers la dotation en eau et en vivres.

Le ministre a rappelé également que certains de nos compatriotes en situation difficile en Guinée équatoriale souhaiteraient bénéficier de l’assistance du Gouvernement dans le cadre du retour volontaire et de la réinsertion.

Il a informé les membres du CNT que l’ambassade du Mali en République Démocratique du Congo a saisi le département du cas de 200 de nos compatriotes en détresse dans ce pays.

Ces deux cent (200) personnes démunies ont été identifiées par le Conseil de Base des Maliens de la RDC. Ces maliens en détresse, sans ressources, sont constitués essentiellement de petits commerçants et des descendants des premières générations des maliens établis au Congo (veuves, veufs, enfants, petits enfants et arrière-petits-enfants). Ils souhaiteraient rentrer définitivement au Mali.

Cette frange démunie de la communauté malienne vivant en République Démocratique du Congo en précarité a perdu toute attache avec ses origines au Mali. Elle est aujourd’hui contrainte à la mendicité ou à l’exercice de petits commerces ambulants devant les domiciles et les mosquées, toute chose qui ternit l’image de notre pays.

C’est pour faire face à ces deux préoccupations que le Ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration Africaine souhaiterait prendre des dispositions pour affréter un vol afin de rapatrier les deux cent (200) maliens de la RDC, assister les maliens en difficulté en Guinée Équatoriale, et financer la réinsertion socio-économique des maliens de retour de la RDC et de la Guinée Équatoriale.

Une communication verbale a été faite dans ce sens le mercredi 02 novembre 2022 au Conseil des Ministres et ordre a été donné au Ministre de l’Economie et des Finances pour prendre des dispositions idoines pour répondre à ces différentes préoccupations.

Sur la question de la carte NINA, le ministre a rappelé qu'elle a été instaurée dans le but de sécuriser les documents admiratifs et d’état civil. Nonobstant, la volonté de l’Etat à faire de ce document une référence en matière de sécurisation des documents, il convient de signaler que de nombreuses difficultés sont apparues dans la pratique notamment à l’endroit de nos compatriotes établis à l’extérieur. 

Le fait de lier la délivrance du passeport à la disponibilité de la carte NINA ou la fiche individuelle a rendu la situation difficile pour de nombreux maliens établis à l’extérieur à cause du fait entre autres de la non disponibilité de la carte, la lenteur dans les opérations d’enrôlement à l’extérieur, l’insuffisance des moyens financiers, matériels et humains pour la réalisation d’opérations d’enrôlement de masses, les erreurs de saisie, l’ enrôlement multiple des mêmes personnes avec des identités différentes.

Pour corriger ces insuffisances, un Comité interministériel a été mis en place composé du ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, du ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation et du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. Ce Comité a pour mandat de réfléchir à des propositions concertées pour mettre un terme aux difficultés administratives de notre diaspora.

C’est dans ce cadre, qu’il a été demandé aux Maliens établis à l’extérieur de formuler les demandes de correction au niveau des Missions Diplomatiques et Consulaires. Les demandes reçues au Ministère en charge des Maliens établis à l’extérieur sont par la suite transmises au Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, qui après avoir statué, à son tour, les retourne au Ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, qui à son tour les retransmet au Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation pour prise en charge des corrections pour les dossiers acceptés.

Du 23 mars 2022 à nos jours, dix-huit mille quatre (18 004) demandes de correction de données dans la base RAVEC ont été formulées par les Maliens établis à l’Extérieur dont 14 722 demandes en provenance de la seule France.  

A ce jour, 975 dossiers ont été traités et transmis au Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation qui a apporté des corrections à 482 remis aux intéressés.

Vu la lenteur due aux procédures judiciaires qui entravent la volonté politique de diligenter le règlement de ce problème, le Gouvernement a responsabilisé les tribunaux de Bamako pour les corrections du RAVEC à travers un projet de loi qui a été adopté récemment en conseil des ministres. Ce projet de loi permettra à nos compatriotes d'effectuer les corrections de toutes leurs demandes dans les tribunaux de Bamako et raccourcir ainsi les différents niveaux du circuit.  

Il a pris également le décret n°0639/PT-RM du 03 Novembre 2022 portant institution et règlementation de la carte nationale biométrique sécurisée. Cela pourrait être la solution au problème.

l'Observatoire Avec MMEEIA