Gouvernance, démocratie en crise, coups d’Etat… Dr Hamed Sow dit tout sans détours

Invité sur le plateau de Renouveau TV dans l’émission « Grand Jury » animé par notre confrère Oumar Barou Traoré, l’ancien ministre sous le défunt président Amadou Toumani Touré (ATT) a répondu avec brio aux questions brûlantes de l’actualité du pays, dont celle relative au concept de souveraineté.

En effet, lorsque la question sur la souveraineté de notre pays a été soumise aux appréciations de ce technocrate et expert économiste, l’homme a, sans langue de bois, défini cette souveraineté comme « la capacité à donner à manger à la population, à aussi assurer une école pour tous… ». C’est pourquoi, selon lui, cette souveraineté ne doit pas être une question d’affirmation, mais, elle doit plutôt se porter sur des actes concrets. Pour ce faire, Dr Sow soutiendra qu’il appartient, dans ce cas, aux Maliens, de se battre pour franchir le pas de la simple affirmation de la souveraineté. Comme pour dire qu’il faut démontrer notre souveraineté et non simplement la proclamer.

S’agissant de sa conception sur les menaces à la démocratie dans notre pays, Dr Hamed Sow précise que celle-ci a été affaiblie à cause de la pulvérisation de la classe politique, qui part toujours en rang dispersé. « A mon avis, je pense qu’il faut de grandes alliances politiques pour mettre fin à cette division, qui rend difficile les rôles des partis politiques au Mali » a proposé Dr Hamed Sow. Avant d’ajouter que la démocratie au Mali a toujours montré ses limites, face à l’argent. Ce qui explique, selon lui, la discordance entre démocratie politique et économique. Parlant toujours des difficultés de la démocratie dans notre pays, il dira que la durée du mandat présidentiel est aussi un facteur qui défavorise l’exécution des programmes gouvernementaux.

Pour sa vision de la Transition, il précise que les autorités actuelles ne lui ont pas demandé service, ni conseil, mais que lui-même en patriote, préoccupé de la situation, continue d’intervenir, avec mesure et réflexions poussées, à travers des propositions au moment opportun. Comme cela a été le cas avec le défunt président déchu, Ibrahim Boubacar Keita (IBK).

Avant d’apprécier que malgré la situation difficile du pays, « le pouvoir actuel a pu donner la confiance en soi et aux militaires qui sont sur le terrain », contrairement à des années passées, où un seul coup de feu suffisait pour créer la panique généralisée.

A la question de l’annonce de la création d’une force anti-push par le chef d’Etats de la CEDEAO, Dr Sow rappellera que la meilleure arme contre les coups d’Etat, reste la bonne gouvernance.

A l’en croire, cette bonne gouvernance consiste à bien gérer les pays et à tenir compte des intérêts des populations, du contribuable. Comme pour dire aux dirigeants de ne pas fermer les yeux sur la corruption, des détournements de deniers publics, les cas d’enrichissements illicites, etc ? Ce sont, selon lui, des actes qui révoltent et peuvent pousser les populations à se lever avec des manifestations de mécontentement. Toute chose qui peut donner l’occasion aux militaires d’intervenir comme arbitre.

Lamine BAGAYOGO

Source: Mali Horizon 

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