Gabon: la météo est bien mauvaise pour la mère et le fils Bongo!
20 ans de prison et 100 millions de francs CFA d’amende. Confiscation de tous leurs avoirs, soit les comptes bancaires, les hôtels de luxe particuliers, plus de cinquante entreprises, les actifs pétroliers et miniers. Si le tribunal abonde dans le sens du parquet à l’issue de ce procès où ils sont accusés de plusieurs griefs, notamment de crimes économiques, c’est ce que récolteront Sylvia Bongo Valentin et son fils Nourredin. Et pas que, car ils devront rembourser à l’Etat gabonais, la coquette somme de 4,4 milliards de francs CFA.
Ce que le procureur général près la cour d’appel de Libreville qualifie de «braquage de la République» coûtera donc bien cher à la mère et son fils. Et comme ils ont été jugés par contumace, car en exil à Londres depuis la destitution par l’armée, le 30 août 2023, de Ali Bongo Ondimba, suivi de leur détention pendant 19 mois, Sylvia et Nourredin Bongo, ne peuvent que subir la rigueur de cette réquisition, voire plus que cette peine requise! Dura lex, sed lex!
Bien que dénonçant un «procès politique», la mère et le fils ne pourront s’en prendre qu’à leur boulimie d’intouchables au cours des deux mandats de l’époux et père, Ali Bongo Ondimba. A en croire les éléments brandis durant le jugement, alors que le peuple croupissait dans la pauvreté, luttant sans succès contre la cherté de la vie, ce sont des dizaines de milliards de francs CFA que Sylvia Bongo et son fils brassaient indûment, dans des dépenses pour «leurs besoins personnels». L’argent public allait plutôt dans l’acquisition des jets privés et de propriétés foncières dans les capitales et quartiers huppés. Seul couac, cet argent provenait du trésor public! Pire, la paire mère-fils qui dirigeait en réalité le Gabon depuis l’accident vasculaire cérébral dont a été victime Ali Bongo en 2018, s’est rendue coupable de bien d’autres malversations dénoncées par les conseils de l’Etat au cours du procès très suivi par les populations qui se sont serrées la ceinture jusqu’au dernier cran, pour que les Bongo puissent porter leurs bretelles.
Le Gabon étant devenu, leur propriété privée, ils en ont fait un champ familial. Le président qui ne jouissait plus de toutes ses facultés car sévèrement touché par l’AVC dont il porte encore les séquelles, n’avait plus la main, au propre comme au figuré, sur rien. Beaucoup de décisions auraient été donc prises à son insu, mais en son nom. Ali Bongo, lui, est sans doute épargné pour des raisons humanitaires, compte tenu de son inaptitude liée à sa maladie.
Le vent semble avoir tourné, en tout cas pour l’instant, contre la mère et le fils Bongo qui, à eux deux seuls, réalisent la prouesse de s’attirer toute l’ire d’un peuple longtemps clochardisé, au profit d’oligarques véreux. Maintenant qu’ils sont redevenus de simples justiciables, Sylvia et Nourredin Bongo, échapperont difficilement au sort commun de toutes ces personnes qui ont oublié qu’après le pouvoir, existe une autre vie.
Pourvu que le procès contre la mère et le fils Bongo ait été équitable et son verdict juste, afin que le Gabon ne plonge pas dans un cycle de vengeances personnelles par justice interposée!
Par Wakat Séra
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