Front social : L’UNTM dans une dynamique de paralyser le pays

L’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) semble décider à respecter son mot d’ordre de grève du 17 au 21 mai prochain. Une volonté manifeste pour paralyser le pays et rajouter davantage à la souffrance des maliens.

Fracassées, hier, les négociations entre le Gouvernement et l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) ont repris ce vendredi. Les négociateurs ont trouvé un consensus pour engager le dialogue. L’absence des 15 ministres sectoriels à la rencontre d’hier avait valu de prétexte pour l’UNTM à claquer la porte. Alors que les ministres du travail et de la fonction publique, son collègue de l’industrie, du commerce et de la promotion des investissements et des conseillers techniques des départements concernés représentaient le gouvernement.
Visiblement venue pour la forme, l’UNTM voulait savoir pourquoi sur les 15 ministres sectoriels concernés qui devraient être à la négociation, c’est seulement deux ministres qui sont présents ? A savoir le ministre du travail et de la fonction publique, Me Harouna Touréh et son collègue de l’industrie, du commerce et de la promotion des investissements.
Le ministre Harouna Touréh les a répondus que les autres ministres se sont fait représenter par leurs conseillers techniques, parce qu’eux-mêmes, au même moment, s’occupaient d’autres dossiers de l’Etat.
Pour cet observateur indépendant, réclamer la présence des 15 ministres pour une simple négociation en mettant au second plan les dossiers au quotidien du pays, démontre la volonté de l’UNTM à œuvrer à l’affaiblissement de la transition. Sinon, pourquoi mobiliser tout le gouvernement pour une négociation avec son partenaire social comme l’UNTM ?
« Même si, c’est un seul ministre qui prend part à une négociation avec les syndicats, il représente tout le gouvernement, il parle au nom du gouvernement. Il y avait deux ministres de la république, cela est largement suffisant », ajoute-t-il.
Une source proche des deux parties révèle qu’il y a des non-dits dans cette bataille rangée que l’UNTM mène contre le gouvernement.
« A la rencontre du jeudi 13 mai dernier, l’Untm était venue juste pour la forme parce qu’ils ont décidé d’aller en grève. D’abord, ils disent qu’on a chassé beaucoup de leurs cadres à des postes de responsabilité, notamment dans les ministères. Ensuite, Katilé lorgnerait le poste du président du conseil économique social et culturel », précise notre source tue.
Estimée à plus de 145 milliards de FCFA, l’incidence financière des revendications de l’Untm pour un gouvernement de transition d’un pays en crise est énorme. Cadavré par des dépenses militaires, des dépenses du Covid-19, par l’absence des recettes dans les régions du nord, l’Etat du Mali démontre malgré tout sa bonne volonté face à ses partenaires sociaux.
Il faut reconnaitre aussi que les grèves auront des conséquences fâcheuses avec les partenaires techniques et financiers. « On n’investit pas dans un pays où il y a des mouvements de grève », rappelle un habitué des relations internationales.
Pour ce qui est du présent préavis de grève de l’Untm en négociation, des voix s’élèvent pour dénoncer la mauvaise foi de Yacouba Katilé et de ses hommes. « Ils veulent coûte que coûte aller en grève pour paralyser le pays. Mais, si le pays brûle, c’est tous les Maliens qui vont souffrir », a fait savoir un cadre averti de l’administration publique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *