Entre Nous : Le choc des ambitions

Le Conseil National de la Transition (CNT), le projet de relecture de la Charte de la Transition soumis à son appréciation par le Président de la Transition, Colonel Assimi Goïta. L’article 22 de ce projet de texte dispose que « la durée de la Transition est fixée conformément aux recommandations des Assises nationales de la Refondation ».

Selon Macky Sall, Président sénégalais, président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, une réunion est prévue aujourd’hui à Bamako regroupant le gouvernement de Transition, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA). Par ailleurs, dans un communiqué en réaction à la décision de retrait des forces françaises Barkhane et européennes Takuba, le gouvernement de Transition du Mali a annoncé la mise en place d’un « mécanisme de concertation visant à adopter un chronogramme consensuel, en rapport avec la CEDEAO, l’UA, l’ONU et certains pays de la région ».

Le Mali est sous les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA depuis le 9 janvier dernier. Des divergences de vue sur la durée de la transition sont à l’origine de ces sanctions. Les recommandations des Assises Nationales de la Refondation ont abouti sur un délai de 6 mois à 5 ans pour la durée de la transition. Ce délai a été soumis par le gouvernement à la CEDEAO. L’Algérie a fait part de sa préférence pour une transition d’un an pouvant être rallongé de quelques mois pour des impératifs internes. Aux dernières nouvelles, le gouvernement de transition table sur une durée de deux (2) ans.

Des négociations sont en cours pour approcher les points de vue. En marge du Sommet Union européenne-Union africaine tenu les 17 et 18 février 2022 à Bruxelles, le Président du Ghana, Président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo a affirmé sur France 24 « que la proposition de la junte d’une transition de 4 ans est «scandaleuse », et qu’une transition de 12 mois lui paraît être un bon compromis ».

L’un des enjeux des négociations en cours concernant la durée de la transition tourne essentiellement autour des stratégies nécessaires pour mieux contrôler l’appareil d’Etat aussi longtemps que possible. Les jeunes officiers qui ont fait irruption sur la scène sont très préoccupés par leurs avenirs. Qui est le mieux placé pour les rassurer ? Assimi Goïta ? Dr Choguel Kokalla Maïga ? Abdoulaye Diop ? Abdoulaye Maïga ? Mamadou Igor Diarra ?

Les 2/3 du fonds de souveraineté de la présidence de la République sont dédiés à la réalisation d’œuvres sociales à travers le pays au profit des populations. Un véritable placement politique pour celui qui était aux événements du 18 août 2020 un inconnu pour la grande majorité de ses concitoyens.

Le Colonel Assimi Goïta va-t-il démissionner de la présidence de la Transition pour se présenter à la prochaine élection présidentielle ? Cette hypothèse n’est pas à écarter. Car, dans le projet de Charte soumis au CNT, rien ne l’empêche de briguer la magistrature suprême s’il quitte la présidence de la Transition et démissionne de l’armée. Un pari qui n’est pas sans risque, comme toute aventure humaine !

Source : Le Challenger

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