Elections : La part de la biométrie !

C’est la nouvelle exigence du moment, la carte biométrique est indispensable dans l’organisation du référendum et des élections programmées dans notre pays. La disponibilité du premier lot de ce sésame ouvre la voie à d’autres perspectives pour garantir des scrutins crédibles. Mais où en sommes-nous réellement ?

En effet, prévu pour le 19 mars dernier, le référendum est reporté à une date ultérieure. Parmi les trois raisons mises en avant pour le reporter figure la confection de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée. Pratiquement, ce document sera indispensable à date. “Il ne plairait à aucun Malien de dire que le Mali se singularise négativement en n’ayant pas une carte administrative à jour. Les conséquences sont terribles aussi bien sur le plan juridique que sur le plan politique. L’opération qui est en cours actuellement n’est pas de l’enrôlement mais nous donnons la possibilité d’abord aux 8 millions d’électeurs qui souhaitent mettre leurs données à jour de le faire. Si un citoyen en âge de voter est convaincu que ses données sont à jour, il n’est pas obligé d’aller faire la mise à jour. Systématiquement après le 31 mars, nous allons procéder à la production massive de la carte nationale d’identité pour les 8 millions d’électeurs et leur distribution”, a longuement expliqué le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga pour justifier en partie le report du référendum.

Désormais, on comprend aisément que la disponibilité de cette carte est une exigence. “Le choix de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée comme carte d’électeur conformément aux dispositions du décret n°2022-0639/PT-RM du 3 novembre 2022 portant institution et réglementation de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée nécessitait la relecture de la loi électorale pour autoriser ladite carte à des fins électorales. Ce choix a été opéré dans l’optique d’avoir un fichier électoral fiable et sécurisé et faire des économies sur les dépenses électorales de l’Etat”, poursuit le porte-parole du gouvernement.

D’autres raisons militent pour le choix de cette carte. Pour le ministre, “l’utilisation de cette carte comme carte d’électeur permettra également aux citoyens de voter avec leurs cartes nationales d’identité biométrique sécurisée”. Somme toute logique à l’en croire, “ces documents répondant aux standards et aux exigences de sécurité et de fiabilité dans la zone Cédéao”. 

Conforme à la loi

Selon le colonel Maïga, “le principe de l’utilisation de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée est affirmé à l’article 71 de la loi électorale”. Plus explicite, il apparaît dans cette nouvelle loi en substance que “la carte nationale d’identité biométrique sécurisée tient lieu de carte d’électeur. Sa délivrance est déterminée par les lois et règlements en vigueur. La carte nationale d’identité biométrique sécurisée est l’unique document d’identification admis dans le bureau de vote”. Plus loin, il est mentionné que “la carte nationale d’identité biométrique sécurisée est personnelle et incessible. Sa falsification est interdite”.

En raison de son importance, il est impératif de changer la donne sur le terrain et surtout le système d’enrôlement dans les commissariats de police, brigades de gendarmerie et centre d’Etat civil des mairies. Certains vont jusqu’à proposer la stratégie porte à porte expérimentée lors du Ravec. Le tout adossé à une véritable campagne de communication adoubée par une volonté politique plus affirmée et réelle.

L’ultime phase

Pour la matérialisation de l’option de la biométrie, le mardi 11 avril 2023, à la Mairie de la Commune IV du district de Bamako, le Ministre d’État, Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, Colonel Abdoulaye Maïga a précédé à la remise officielle des cartes nationales d’identité biométrique sécurisée. Ce qui constitue le premier lot de la première phase.  

Suivant les explications du ministre Maïga, la carte nationale d’identité Biométrique Sécurisée a quatre grands intérêts. En plus de sa gratuité, son renouvellement est payant; elle comporte des éléments de sécurité permettant d’éviter la falsification de manière facile de nos documents d’identification. Elle permet de prévenir la fraude électorale, et aussi, elle permet de réduire substantiellement les dépenses de l’État. « Avec la carte nationale d’identité biométrique sécurisée, disparaîtra la carte nationale d’identité et la carte d’électeur », lance le ministre pour magnifier l’utilité du document.

Pour autant, il y a du chemin à faire. C’est pourquoi le ministre de tutelle plaide pour la réussite de l’opération de distribution. « Il est très important afin que les prochains scrutins soient transparents, massifs et crédibles pour tous les Maliens », commente le Colonel en invitant les citoyens à se mobiliser pour faire le retrait à temps de leurs cartes biométriques qui tiennent lieu de cartes d’électeur.

Observations

Lors d’issue d’une mission de contrôle à la société en charge de la confection de la carte biométrique, l’autorité de Protection des Données à Caractère Personnel (APDP) a fait le constat que ‘’la confection des cartes biométriques sécurisées respecte les principes de protection des données à caractère personnel des maliens. “Nous constatons que les mesures de confidentialité sont respectées par les employés », a déclaré le Dr. Mamoudou Samassékou, président de l’autorité.

Dans sa dernière mission d’observation en date 11 avril 2023, le MODELE Mali a formulé plusieurs recommandations pour garantir des élections libres, transparentes et équitables. En particulier, l’accent a été mis par exemple sur l’introduction de la biométrie dans le processus électoral. « L’amélioration du processus de mise à jour des données pour la carte nationale d’identité biométrique en prenant notamment les mesures suivantes : la multiplication des équipes d’enrôlement et de validation, renforcées par des équipes mobiles, la mise à disposition de tablettes de bonne qualité et de formulaires d’enrôlement en quantité suffisante et la pérennisation du dispositif d’enrôlement et de mise à jour », peut-on lire dans le rapport du MODELE Mali. Sur le même sujet, l’organisation recommande ‘’la supervision des opérations d’enrôlement, de validation, d’impression et de remise des cartes nationales d’identité’’.

Reste que dans le milieu politique, nous sommes loin de la grande effervescence pour encourager les militants à s’enrôler ou à aller faire le retrait des cartes. Pourtant, ce document est au début et à la fin de la réussite du vote.

A. M. C pour Maliexpress.net  

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