DU SCANDALE DES LOGEMENTS SOCIAUX AU RETRAIT DE BARKHANE : Me Mountaga Tall sort du gong

Me Mountaga Tall s’est prêté aux questions de Chahana Takiou, directeur de publication du journal 22 septembre et Abderrahmane lors de cette émission qui apparaît comme un procès télévisé. L’embargo, le scandale des logements sociaux, les différentes crises multiformes étaient à l’ordre du jour. « Quand on a envie de tricher, de frauder, on prend des précautions », martèle-t-il.

Le président du CNID, Me Mountaga Tall, membre du comité stratégique M5-FRP, a comparu sur le plateau de renouveau Tv dans l’émission « Le Grand Jury » au cours de laquelle il a abordé la situation difficile que traverse le Mali mais aussi de la relation tendue entre notre pays et la France qui tend vers un divorce certain.

Face au jury, Me Tall a laissé entendre qu’il n’a assumé aucune fonction au sein du M5-RFP, notamment le poste de président, de vice-président encore moins de porte-parole.

Le processus d’attribution des logements sociaux ayant tenu en haleine une grande partie de la population, dans les différentes déclarations sur les réseaux sociaux, beaucoup ont accusé Me Tall et le M5-RFP de s’être taillé la part du lion en attribuant de façon arbitraire plusieurs logements à leurs proches. Surtout que c’est son parti qui tient le portefeuille du ministère de l’Habitat.

Par un heureux hasard, sur cette liste apparaît beaucoup de noms de famille en occurrence Tall, Kamena…Un détail qui n’a pas échappé à l’opinion publique. « On a dit que mon fils a obtenu un logement lors de ces attributions. C’est faux et archi faux. C’est juste son homonyme qui en a bénéficié », dira Me Tall en guise de réponse.

Cependant il dira que son fils peut prétendre aux logements sociaux du fait qu’il remplit tous les critères, mais il ne se fera pas aussi longtemps que le CNID sera aux affaires. « Quand on a envie de tricher, de frauder, on prend des précautions. Si le ministre Kamena voulait tricher, il aurait pris deux mesures dès son arrivée à savoir la dissolution de la commission d’attribution et l’annulation des dossiers déjà déposés pour en établir un nouvelle selon sa guise », a soutenu Me Tall. Pour démonter la bonne foi du ministre chargé de ces attributions des logements, Tall dira que celui-ci a procédé dès l’annonce des spéculations aux suspensions des attributions et à la dissolution de la commission dans le but de faire toute la lumière sur la question. « Je suggère que nous attentions les résultats des enquêtes pour trouver les coupables, car il ne sert à rien d’aller dans des extrapolations avant que l’on sache ce qui s’est passé », a-t-il affirmé.

Revenant à la charge, Chaana a dénoncé le fait que des personnes n’ayant même pas postulé se sont retrouvées dans le lot des bénéficiaires et pire la succession des noms de famille ‘’Kamena et Tall’’ dans la liste met la puce à l’oreille et reflète d’emblée la non transparence dans la gestion de ces logements.

En réponse à cette remarque, le président du CNID affirme qu’il n’a jamais déposé un quelconque dossier et nie formellement connaître les noms Tall figurants sur les différentes listes. « N’entrons pas dans une querelle de patronyme, ce sont des choses à ne pas faire », dit-il.

Aussi, il défend le CNID ou le M5, en affirmant que leurs membres ne sont pas des parias. Il affirme cependant que parmi les militants du mouvement, d’autres ont bien droit aux logements mais le plus grave est d’éviter le népotisme et le favoritisme. Pour Abderrahmane, la dissolution de la commission avant même la proclamation des résultats des enquêtes prouve à suffisance le dysfonctionnement et la responsabilité du département.

Retrait de Barkhane

Concernant le retrait des forces françaises du Mali, l’avocat affirme qu’on ne peut pas déléguer sa sécurité à autrui. Ainsi, il soutient que la décision du Mali d’assurer lui-même sa sécurité rejoint sa profonde conviction qu’il avait énoncé depuis 2013. Toutefois il prône en faveur des coopérations bilatérales et militaires du Mali avec d’autres pays. En clair, il estime qu’étant devant les faits accomplis, notre pays se doit de prendre des mesures fortes et s’assumer. « L’esclave qui change de maître ne s’affranchit pas », cite-t-il, en guise d’exemple.

En outre, il a avoué avec certitude que la sécurité du Mali incombe aux forces de défenses et de sécurité du pays qui font aujourd’hui un vrai exploit sur les différents théâtres d’opérations. Pour autant il regrette la décision de Paris de quitter le Mali suite à la demande du gouvernement de transition de procéder à la relecture de l’accord militaire qui liait les deux pays. Une situation qu’il trouve regrettable.

« Je crois en la version donnée par mon gouvernement concernant la présence d’un groupe de mercenaire sur le territoire malien » soutient l’avocat en référence à l’accusation de ‘’certain’’ du contraire. Toutefois, le président du CNID atteste que s’il détient la preuve de la présence des mercenaires sur le sol malien, il le critiquera formellement. « Le Mali a travaillé avec des forces françaises, le gouvernement du Mali dit qu’il veut travailler avec ceux qui le veulent mais de façon sincère, en le faisant dans le bilatéralisme », déclare-t-il, en balayant d’un revers de la main toute accusation qui montre le pays comme étant à l’origine du départ des forces européennes.

Quid du calendrier des élections ?

Principale point de divergence qui a attisé l’embargo sur le Mali, la tenue des élections a été au sujet crucial. L’organisation sous régionale dit ne pas comprendre la volonté des autorités de la transition d’organiser les élections dans une période de cinq ans, qui correspond à un mandat présidentiel. Ce problème demeure aujourd’hui un sujet brûlant à laquelle le gouvernement se doit de trouver une solution pour mettre un terme à l’isolement de notre pays.

Sur ce sujet, Mountaga Tall dira que tous les partenaires du Mali sans exception sont tenus de respecter l’indépendance et la souveraineté du Mali. Cependant le Mali fait l’objet de sanctions venant de la Cedeao, rappelle Me Tall, qui a ajouté que ces sanctions sont contre-productives, car elles frappent tout d’abord les couches défavorisées et risque de donner plus d’élan et de forces aux terroristes. Selon lui, ces groupes armés s’abreuvent dans trois sources qui sont l’ignorance, la pauvreté et le sentiment de ne pas être respecté dans ses convictions les plus intimes.

« Aujourd’hui avec ces sanctions, on risque de renforcer les terroristes en ce moment précis où il s’étend dangereusement vers le golfe de Guinée » dit-il. Ainsi, il estime que le Mali doit continuer à négocier et trouver un meilleur délai pour la transition.

Pour ce qui est de sa conviction présidentielle, Me Tall n’est pas allé par deux chemins. Il a clairement affirmé qu’il a les atouts et la compétence pour ce poste et que rien ne l’empêchait d’y prétendre.

En somme, à la fin de ce débat houleux, les jurys ont estimé que le président du CNID a refusé de reconnaître les faits, palpables, dans le dossier d’attribution des logements sociaux et surtout sur la présence de Wagner au Mali.

Ahmadou Sékou Kanta

Source : Miroir Hebdo

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