Univers carcéral : cas du désengorgement des prisons

Le désengorgement des prisons initié par l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée se poursuit alors que la surpopulation de la Maison centrale d’arrêt de Bamako avait engendré des conditions de détention pénible pour les détenus condamnés.  

« Le désengorgement de nos prisons se passe très bien. Déjà avec la mise à notre disposition de la nouvelle maison d’arrêt de Keniéroba. On a pu transférer un grand nombre de détenus condamnés à la Maison centrale d’arrêt (MCA) de Bamako vers ce nouveau centre. Cela a permis de façon très significative à désengorger la MCA. Mais les opérations continuent parce qu’à l’intérieur du pays, nous avons d’autres centres qui sont capables de recevoir des condamnés de la MCA », déclare le Directeur national de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, Ibrahima Tounkara.

On se rappelle que les conditions de détention des détenus et la surpopulation de la maison centrale d’arrêt de Bamako avaient été dénoncées par plusieurs observateurs de la scène publique.

Le 21 Mars 2022, le président de l’Association malienne de lutte contre la corruption et de la délinquance financière, Moussa Ousmane Touré, connu pour son engagement à promouvoir l’Etat de droit et la transparence à tous les niveaux, a adressé une correspondance au ministre de la justice et des droits de l’homme évoquant les fonctionnements mafieux dans la maison centrale d’arrêt de Bamako.

« Nous avons l’honneur de solliciter votre diligente intervention en vue de mettre un terme aux agissements de personnes abusant de détenus. Il nous est revenu que les cellules destinées à l’hébergement des personnes en détention seraient attribuées contre rétribution en fonction du standing du logement », avait-il signalé dans sa lettre en ajoutant ceci : « Nous assistons donc à la perpétuation de la corruption et de la délinquance financière jusque dans nos prisons ».

Une pratique née naturellement du fait de la surpopulation des détenus dans cet établissement pénitentiaire, soutiennent les observateurs avertis.

Bonne distribution du service public de la justice 

L’alerte du président de l’Association malienne de lutte contre la corruption et de la délinquance financière a-t-elle été entendue ? En tout cas, nous pouvons noter, plus ou moins, des avancées et des signes d’espoir au sein l’appareil judiciaire.

Trois mois après, le ministre de la justice et des droits de l’homme Mamadou Kassogué écrit une lettre circulaire, le 29 juillet 2022, à ses différentes structures concernées sur le cas des visites des établissements pénitentiaires.

« Il m’a été donné de relever que les visites des établissements pénitentiaires et de l’éducation surveillée par les magistrats habituels sont de plus en plus rares. Aussi, des cas de détentions arbitraires et de non-respect du délai légal des détentions sont signalés. Cette situation constitue à la fois une contrainte majeure pour le respect des droits de l’homme et une bonne distribution du service public de la justice », a dénoncé le ministre de la justice Mamadou Kassogué.

Lequel, dans sa lettre, a rappelé les dispositions pertinentes de l’article 218, de l’article 48 aliéna 2 et de l’article 217 aliéna 3 et 4, du code de procédure pénale. Il a aussi instruit de prendre toutes les dispositions utiles pour la mise en œuvre de ces exigences légales qui participent du respect de l’obligation de diligence qui incombe aux magistrats dans le traitement des dossiers dans un délai raisonnable.

La diligence des magistrats dans le traitement des dossiers dans un délai raisonnable réclamée par le patron de la Chancellerie du ministère de la justice participe sans doute de la volonté de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée de désengorger davantage les prisons.

La relecture du code de procédure pénale, qui parle de la détention provisoire et de la Cour d’assises enchante beaucoup le Directeur national de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée.

« Nous, notre grand bonheur c’est de voir la suppression de la Cour d’assises parce que ça va permettre de diligenter les traitements des dossiers. Chaque juridiction de grande instance aura sa propre juridiction, sa propre chambre criminelle. Cela va permettre de faire juger très rapidement les dossiers et cela contribue aussi à désengorger les maisons d’arrêt », se réjouit Ibrahima Tounkara.

Ousmane Anouh Morba pour Maliexpress.net

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