Départ des forces Barkhane et Takuba du territoire malien : Des chances réelles d’affaiblissement de la menace terroriste ?

En plus du fait que la force Barkhane n’a pas eu des résultats satisfaisants dans le combat contre le péril terroriste, certains chefs terroristes comme Amadou Kouffa avaient fait du départ de la France du territoire malien une condition pour entamer des discussions vers la paix.

Selon certaines indiscrétions, c’est la France même qui entretenait les velléités terroristes dans le but d’affaiblir les Etats de la zone sahélienne ou de faciliter l’exploitation de leurs ressources minières. Même si l’on ne dispose pas de preuves clairement établies de ces manœuvres prédatrices, il s’est avéré que la présence française n’a pas permis de réduire le péril terroriste. Elle a, au contraire, attisé l’animosité des groupes terroristes et extrémistes, qui ont souvent des revendications nationalistes et souverainistes.

C’est ainsi que la katiba du Macina, dirigée par Amadou Kouffa, avait clairement plaidé pour que les forces françaises quittent le Mali. Et des initiatives locales de médiation avaient rapporté, dans les régions du centre du Mali que le chef terroriste de la katiba du Macina ne supportait pas la présence de la France sur le sol malien. Pour de nombreux acteurs locaux et nationaux impliqués dans ce dossier, dont Me Hassane Barry, un Peulh, ancien ambassadeur et avocat bien introduit dans le terroir, Amadou Kouffa considérait la présence des troupes de la Force Barkhane au Mali comme « une ingérence dans les affaires intérieures du Mali ».

Même des autorités locales, dont les notabilités traditionnelles et religieuses du centre et du Nord du pays supportaient difficilement la présence occidentale en général dans cette partie du territoire national. « Cela donnait l’impression d’un processus de recolonisation, les militaires français et européens présentant l’image d’une véritable force d’occupation », confie un ancien diplomate malien.

Pour de nombreux analystes, le départ de la France et ses alliés européens a fait pousser un ouf de soulagement, même si l’on peut avoir des appréhensions sur le vide que cela peut laisser. L’on ne peut que surfer sur la montée en puissance des Famas pour améliorer le processus de sécurisation de l’ensemble du territoire national. Et, cela ne peut se faire efficacement qu’avec l’accompagnement d’autres partenaires comme la Russie, la Chine et d’autres pays.

En outre, l’on relève que la France a toujours affiché son hostilité vis-à-vis de tout processus de négociations avec les groupes jihadistes maliens. Ce qui avait été pourtant recommandé par les foras nationaux pour la paix. Ce fut le cas de la conférence d’entente nationale, le dialogue national inclusif, les concertations nationales et même les récentes assises nationales de la refondation, qui avaient suggéré une « relecture intelligente » de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

Le départ des troupes françaises, qui scelle quasiment une rupture diplomatique avec Paris, va certainement faciliter les initiatives nationales de dialogue et de concertations avec « les frères égarés » embobinés par les sirènes de l’obscurantisme.

C’est désormais le pouvoir de Transition de saisir l’opportunité de crise militaro-diplomatique, pour hardiment lancer un processus de négociations et de pacification du pays, en même temps qu’il intensifiera les efforts armés pour délivrer le pays de l’hydre de l’extrémisme violent.

Source : maliweb.net

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