Crise au Venezuela : l’AES condamne l’intervention américaine et interpelle l’ONU

Crise au Venezuela : l’AES condamne l’intervention américaine et interpelle l’ONU

La Confédération des États du Sahel (AES) a vivement dénoncé l’intervention militaire américaine au Venezuela, qualifiée d’atteinte grave à la souveraineté nationale. Dans une déclaration officielle, le bloc sahélien appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à réagir face à ce qu’il considère comme une violation manifeste du droit international.

Dans un communiqué rendu public le 8 janvier à Ouagadougou, la Confédération des États du Sahel a exprimé une condamnation ferme de l’opération militaire menée par les États-Unis à Caracas. Signé par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso et de l’AES, le texte évoque une ingérence inacceptable dans les affaires d’un État souverain et parle d’un enlèvement illégal du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse.

Selon l’organisation sahélienne, le recours unilatéral à la force par un État constitue un acte d’agression au regard de la Charte des Nations Unies. L’AES souligne que cette action, conduite par un membre permanent du Conseil de sécurité, fragilise l’ordre international et affaiblit le principe de sécurité collective. Elle appelle ainsi l’organe onusien à assumer pleinement ses responsabilités en condamnant clairement l’intervention et en œuvrant au rétablissement de la légalité internationale.

Bamako Météo 29°C
Kayes Météo 32°C
Koulikoro Météo 31°C
Sikasso Météo 33°C
Ségou Météo 32°C
Mopti Météo 31°C
Tombouctou Météo 27°C
Gao Météo 29°C
Kidal Météo 28°C

Le communiqué formule également plusieurs exigences politiques, notamment la réaffirmation d’un ordre mondial fondé sur l’égalité souveraine des États et le respect strict du droit international. L’AES exprime en outre sa solidarité avec le peuple vénézuélien, estimant que sa souveraineté a été bafouée par cette opération militaire.

Cette prise de position tranche avec des réactions plus mesurées observées ailleurs sur le continent. Alors que certaines organisations régionales ont évoqué leur préoccupation face à la situation, l’AES adopte un ton plus direct et s’inscrit dans une ligne diplomatique assumée, dénonçant explicitement ce qu’elle considère comme une violation grave des principes internationaux.

La déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions, marqué par l’annonce par Washington du transfert de millions de barils de pétrole vénézuélien vers les États-Unis, sous contrôle américain. L’opération militaire du 3 janvier aurait fait plusieurs dizaines de morts parmi les forces vénézuéliennes et leurs alliés. Face à cette situation, les autorités de Caracas ont réaffirmé leur rejet de toute tutelle étrangère, rappelant que la gouvernance du pays relève exclusivement de ses institutions nationales.

Sur le plan africain, la position de l’AES rejoint celles de plusieurs États et organisations qui ont exprimé leur attachement au respect du droit international. Le Ghana a dénoncé une intervention unilatérale, tandis que le Tchad, l’Afrique du Sud et l’Union africaine ont appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

Pour la Confédération des États du Sahel, la crise vénézuélienne dépasse le cadre régional et constitue un test majeur pour l’équilibre de l’ordre international. En réaffirmant son attachement au multilatéralisme et à la Charte des Nations Unies, l’AES entend affirmer une voix africaine indépendante et influente sur la scène géopolitique mondiale, dans un contexte où elle a récemment appliqué le principe de réciprocité face aux restrictions américaines en matière de visas.

Maliexpress.net

Inscrivez-vous au Newsletter de Maliexpress.net pour recevoir le journal PDF gratuit 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×