Crise au sein du Parti URD : Le Pr Salikou Sanogo prend une grande avance sur les autres!

Au Mémorial Modibo Keïta, le samedi 7 janvier dernier, le Pr Salikou Sanogo, le premier responsable d’une tendance du Parti Union pour la République et la Démocratie (URD) était face à la Presse, pour présenter ses traditionnels vœux de nouvel an. Occasion pour lui de partager sa part de vérité sur la crise de présidence que traverse ledit parti depuis des années. Il est apparu plus convaincant, donc légitime pour faire rayonner l’héritage politique de Feu Soumaïla Cissé. 

L’URD de Feu Soumaïla Cissé traverse la plus mauvaise période de son histoire, depuis le décès de son président-fondateur. La question de présidence du parti a fini par diviser en deux clans les responsables de cette formation politique. A savoir celui du Pr Salikou Sanogo et celui de Gouagnon Coulibaly, pour la simple raison que tous ces deux figures du parti se proclament président de l’URD. Chacun au gré de ses stratégies et des circonstances s’emploie à se donner une légitimité auprès non seulement des militants de l’URD que de l’opinion publique.

La mémoire de Soumaïla Cissé saluée par le Pr Salikou Sanogo !  

C’est dans cette dynamique que le Pr Salikou Sanogo a convoqué les Hommes de Média, le samedi 7 janvier 2023 au Mémorial Modibo Keïta à la faveur d’une présentation de vœux de nouvel an du Parti. Toute chose d’ailleurs, qui est une tradition des organisations politiques sérieuses dans notre pays.

Cette sortie médiatique a été l’occasion pour lui de livrer sa part de vérité dans cette crise à laquelle l’URD est plongée. En effet, en plus de lui (Pr Salikou Sanogo) qui était le conférencier principal, on pouvait noter la présence entre autres de l’épouse de Feu Soumaïla Cissé, Mme Cissé Assitan Traoré, Me Boubacar K. Coulibaly, Vice-Président, Me Alassane Diop, représentant du Collectif des Avocats, Daouda Touré, Secrétaire Général et des militants (tes) fortement mobilisés.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, le Pr Sanogo a observé une minute de silence en la mémoire de feu Soumaïla Cissé. En plus de l’ancien chef de file de l’opposition, le Pr Sanogo a souligné que leur parti a été durement éprouvé en 2022 par le rappel à Dieu de nombreux et valeureux militants et militantes notamment les Présidents d’honneur Abou Samba Ouley Diallo, Younoussi Touré et le Président du Conseil de Cercle de Kolondiéba, Yaya Bamba. D’où le devoir pour lui de s’incliner devant leur mémoire ainsi que celle des nombreuses victimes  qui ont perdu la vie en défendant la souveraineté et l’intégrité du territoire.

Après avoir présenté ses meilleurs vœux aux Professionnels des Médias, le Pr  Salikou Sanogo a touché du doigt la crise qui mine le Parti URD. Selon lui, à l’issue du 4ème congrès ordinaire de ce parti les 21 et 22 décembre 2019 à Bamako, l’honorable Soumaïla Cissé a été élu Président et lui son 1er  Vice- Président pour un mandat de 5 ans.

Quand Boubou Cissé et Mamadou Igor Diarra ont cassé le poignet de main ! 

Le 25 décembre 2020, l’honorable Soumaïla Cissé a été arraché à l’affection des siens. Au moment même où  le Mali était engagé dans le processus de transition en cours, avec l’élection présidentielle annoncée pour février-mars 2022. A la faveur donc de cet enjeu électoraliste, dira-t-il, le parti a enregistré les adhésions de Boubou Cissé et de Mamadou Igor Diarra. Très rapidement, souligne-t-il, les ambitions présidentialistes de ces deux hommes allaient faire surface et introduire dans le fonctionnement du parti des pratiques aussi violentes que malsaines et contraires à tous les principes et à toutes les valeurs autour desquelles Soumaila Cissé et ses camarades ont fondé l’URD.

«A l’appel à candidature pour la désignation du futur candidat du parti à l’élection présidentielle, ils ont tous les deux fait acte de candidature en s’inscrivant immédiatement dans une machination tendant à la modification des règles du jeu en la matière au sein du parti. Des règles du jeu qui ne prennent en compte à leurs yeux que le seul critère sur lequel ils pensaient pouvoir en imposer à tous : l’argent »a-t-il déclaré et d’affirmer que contrairement aux dispositions en vigueur qui veulent que le candidat du parti à l’élection présidentielle soit choisi par le BEN, ils exigent que cela soit fait par les sections qu’ils ont pris soin préalablement de tenter d’instrumentaliser dans ce sens.

Pour atteindre leur but, éclaircit le Pr Sanogo, le plan de ces camarades contestataires a consisté tout d’abord à tenter de provoquer un blocage au niveau des instances dirigeantes du parti afin de pousser à un changement de directoire en favorisant l’arrivée à la tête du parti de leurs hommes. Et que les camarades du BEN engagés dans ce projet ont transformé les réunions du Secrétariat Exécutif et du BEN en séances d’invectives, de grossièretés et de contestations.

A lui d’articuler que les avis des Présidents d’honneur Younoussi Touré et Bandiougou Bidia Doucouré, sollicités à l’époque à la demande même de certains de ces camarades contestataires ont été tout simplement rejetés par ceux-ci, de même que la décision de la Commission Nationale d’Arbitrage et de Conciliation. « Je rappelle que dans les deux cas l’avis émis était de surseoir à l’organisation de tout congrès extraordinaire et de tout changement au sein de la direction du parti jusqu’au prochain congrès ordinaire du Parti prévu en 2024. L’utilisation de la violence par ces camarades a atteint son paroxysme lors de la conférence nationale au cours de laquelle certains se sont livrés à la surprise générale des participants, à des actes des plus répréhensibles. N’ayant pu obtenir gain de cause lors de la conférence nationale, ils entreprennent d’initier une pétition pour l’organisation d’un Congrès extraordinaire » a-t-il indiqué.

Cependant, il renchérit que le Congrès Extraordinaire est bel et bien prévu par les textes de l’URD mais à certaines conditions dont une est la demande par les 2/3 des membres du BEN. Que cette pétition initiée avait pour but de réunir les signatures de ces 2/3, sauf que ceci n’a jamais pu être atteint ; mais pour arriver à leurs fins, les initiateurs de cela ont fait signer des personnes non-membres du BEN, au moins un membre du BEN décédé et ont utilisé la signature de plusieurs autres membres du BEN à leur insu.

« Ces faux ayant été constatés lors de l’analyse du dossier de convocation de leur Congrès extraordinaire, nous avons tout simplement notifié aux demandeurs un défaut de quorum qui ne nous permettait pas de convoquer la tenue dudit Congrès. Ils sont passés outre et ont organisé le 16 janvier 2022 un Congrès au cours duquel le 14ème Vice-Président, Mr Gouagnon Coulibaly a été choisi comme Président du parti tout en gardant sans changement le reste du bureau exécutif national » a rappelé le Pr Sanogo.

La Cour Suprême pour réparer la mémoire de Soumaïla Cissé

Parlant de la situation actuelle de l’affaire, il soutient que Gouagnon Coulibaly a saisi le Tribunal de Grande instance de la commune V aux fins de confirmation de son élection en qualité de Président du parti. Contre toute attente à la date du 04 avril 2022, ladite juridiction a fait droit à sa demande, en annulant également les sanctions prises contre eux et en lui enjoignant de procéder à la passation de service à Gouagnon Coulibaly au bout de 72 heures à compter de la signification de la décision sous astreinte de 500.000 Fcfa par jour de retard. « Je tiens à rappeler que l’URD n’est pas un service, c’est un parti politique géré par des textes qui émanent de la loi portant Charte des partis politiques. Ni les textes de l’URD ni la Charte des partis n’ont prévu de passation de service » a signifié le 1er  vice-président de l’URD.

Egalement, que leurs avocats ont régulièrement relevé appel de cette décision. Une décision controversée de confirmation de ce jugement est intervenue à la Cour d’appel de Bamako contre laquelle un pourvoi en cassation a été formé. « Nous sommes dans l’attente d’une décision de la Cour suprême du Mali » a-t-il conclu.

A cette allure des choses, cette affaire est loin de connaitre son épilogue. Mais ce qui reste évident relève du fait que le Pr Salikou Sanogo et sa suite sont en phase avec la vision de Feu Soumaïla Cissé. En atteste la présence de Mme Cissé Assitan Traoré à leur activité. Cela pourra servir comme une bonne pièce à conviction aux sages de la Cour suprême.

Par Mariam Sissoko

Source : Le Sursaut

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