Bras de fer Mali-Cedeao : Les lignes commencent à bouger!

Après sa visite discrète au Mali, le 19 janvier 2022, au cours de laquelle il s’est entretenu avec les autorités de la transition, le Président togolais, Faure Gnassingbé, s’est rendu le week-end dernier dans la capitale sénégalaise. Une visite, selon certains, qui a été tenue discrète par les services protocolaires des deux pays. Dans la foulée, une délégation de l’Union Africaine conduite par Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’institution, vient d’être reçue à Koulouba le mardi, 25 janvier 2022. Toutes choses qui montrent que les choses commencent à bouger.

Dans l’intervalle d’une semaine, les choses semblent commencer à bouger dans le bras de fer qui oppose le Mali à la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Quelques jours après la visite éclair du président togolais, Faure Gnassingbé, une délégation de l’Union Africaine conduite par son président vient d’être reçue par les autorités de la transition au Mali. Le même jour, le Président du comité de suivi de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, émissaire de l’Algérie, a été reçu par le Colonel Assimi Goïta.

De son côté, la CEDEAO a réaffirmé, le 24 janvier 2022, dans un communiqué, sa volonté de travailler avec tous ses partenaires pour trouver une solution à la crise politique malienne.

Moussa Faki Mahamat dit venir en mission au Mali pour écouter, pour s’informer et pour échanger avec les autorités de la transition sur le processus de Transition dans ce pays africain.

Revenant sur les sanctions de la CEDEAO entérinées par l’Union Africaine contre le Mali, l’hôte du jour du Président Assimi Goïta, a estimé que «le plus important est de voir comment il faut soutenir la Transition au Mali, échanger sur une approche consensuelle qui puisse préserver les intérêts fondamentaux de ce grand pays africain et conformément aux textes qui régissent l’Organisation sous-régionale et continentale ».

Il a exhorté à tenir compte de la situation particulière que traverse le Mali. Un pays confronté à une crise sécuritaire depuis une dizaine d’années. « Nous mobilisons le continent et ses partenaires pour soutenir le Mali et dépasser cette crise conjoncturelle et asseoir un État fort dans l’intérêt du peuple malien, de la région et de l’ensemble du continent », a-t-il conclu.

Quant à l’émissaire du président algérien, il dit être porteur d’un message verbal du Président TEBBOUNE à Son Excellence le Président de la Transition, Chef de l’État. « Nous avons essentiellement fait une évaluation. J’ai écouté le Président de la Transition, Chef de l’État, sur son évaluation des derniers développements de la région. Une évaluation qui me paraît extrêmement objective et qui va peut-être nous permettre de faire en sorte que ces consultations puissent produire un effet positif sur le Mali, mais sur l’ensemble de la région Sahélo-Saharienne », a-t-il confié.

Il poursuite : «L’Algérie attache beaucoup d’importance à la sécurité, à la stabilité, à l’unité de ce pays, à la préservation de son intégrité territoriale, mais également à l’indépendance de sa décision politique. Nous avons estimé que le moment est venu, après les sanctions extrêmement dures qui ont été imposées au Mali, de faire en sorte que nous puissions jouer ce rôle de facilitateur qui permet aux frères africains de se retrouver autour d’une table et de dialoguer sereinement sur la meilleure manière d’envisager les problèmes et de les régler ».

Rappelons que ces deux dernières visites interviennent après celle du Président togolais Faure Gnassingbé à Bamako et à Dakar.

Selon des informations de Confidentiel Afrique, le Président togolais Faure Gnassingbé a demandé au président Macky SALL de prendre le dossier malien en main et de s’impliquer davantage pour le retour du Mali dans les instances communautaires CEDEAO-UEMOA.

Toutes ces différentes démarches interviennent après que le président de la Transition, Colonel Assimi Goïta, s’est entretenu au téléphone, le mercredi, 19 janvier 2022, avec le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, sur la situation socio-politique du Mali.

Entretien au cours duquel le président de la transition a réitéré l’engagement des autorités maliennes pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Il a profité de l’occasion pour inviter son interlocuteur à surtout encourager la communauté internationale à accompagner le Mali.

Au même moment, l’Union africaine, qui a soutenu les sanctions contre le Mali, plaide pour un retour « rapide » à l’ordre constitutionnel et démocratique « dirigé par des civils ». Elle soutient pour cela la proposition de médiation formulée par l’Algérie, un des soutiens de la transition, et sa proposition de 16 mois de transition.

Pour l’UA, la proposition de 16 mois de transition supplémentaires au maximum avant l’organisation des élections, la présidentielle et les législatives, faite par Alger est appropriée et réalisable.

Selon certaines indiscrétions de Dakar, Macky SALL qui assure, à compter du 22 janvier 2022, la présidence tournante de l’Union Africaine, a rassuré son homologue togolais qu’il abattra toutes ses cartes pour un dégel de la crise politique et économique.

D’ailleurs, selon des sources bien informées côté sénégalais, le Président Macky SALL aurait appelé, depuis le vendredi, 21 janvier 2022, les Chefs d’État Alassane Ouattara, Nana Kufo, et Muhamadu BUHARI.

Fabrice Abdoul

Source : Plume Libre

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