L’ancien président béninois Boni Yayi écarte définitivement toute ambition électorale pour 2026 et exhorte la classe politique à privilégier l’unité nationale face aux défis de la transition démocratique.
L’ancien président béninois Thomas Boni Yayi a lancé jeudi 11 septembre un message clair à ses compatriotes : « Je ne vous décevrai pas, mes chers compatriotes. Je ne cherche rien. Je ne suis candidat à rien, mais je suis à votre service, au service de la République, pour que règnent la paix, la démocratie, la stabilité dans notre pays et, naturellement, la prospérité partagée ».
Cette déclaration intervient dans un contexte de rumeurs sur sa possible présence sur la liste du parti « Les Démocrates » aux législatives. La Constitution béninoise stipule que « nul, sa vie, ne peut être candidat à la présidentielle pour plus de deux mandats », ce qui interdit à tout ancien président ayant déjà exercé deux mandats de revenir au pouvoir.
Boni Yayi a également insisté sur l’importance du dialogue au sein de la classe politique et avec le président Patrice Talon : « Nous en avons besoin pour notre pays. Ce ne sont pas les Sud-Africains qui vont construire le Bénin, ce n’est pas l’extérieur, mes chers compatriotes, j’en suis convaincu ».
L’ex-chef d’État a rappelé sa gratitude envers les Béninois pour les « 10 ans » de mandat qu’ils lui ont accordés et s’est réjoui de voir la démocratie se consolider dans le pays : « Avant de partir, ma joie est de voir vraiment briller notre démocratie, c’est-à-dire que le Bénin demeure toujours une cité de stabilité constitutionnelle. Cette démocratie sera restaurée et consolidée, ceci est très important ».
Il a conclu son message par un souhait de paix : « Que la paix règne », dans un contexte préélectoral marqué par des tensions autour de la candidature du ministre d’État Romuald Wadagni, accusé de conflit d’intérêts.
Wadagni, candidat du pouvoir face aux critiques
Romuald Wadagni, âgé de 49 ans, dirige le ministère des Finances depuis 2016. Diplômé de l’École supérieure des affaires de Grenoble et titulaire d’un MBA de la Harvard Business School, il est également expert-comptable certifié en France et aux États-Unis.
Avant sa carrière politique, il a travaillé 17 ans chez Deloitte, devenant le plus jeune associé du groupe à 36 ans et dirigeant les activités en Afrique francophone. Depuis son arrivée au gouvernement, il a supervisé plusieurs réformes économiques majeures et a été élu Meilleur ministre des Finances d’Afrique en 2024.
Sa désignation comme candidat du pouvoir intervient quelques semaines après que le président sortant Patrice Talon a confirmé qu’il ne briguerait pas de troisième mandat, conformément aux dispositions constitutionnelles.
AC/Sf/APA

