ALLIANCE MONÉTAIRE DU SAHEL : Mythe ou réalité ?

Après avoir abordé la question sécuritaire, le Niger, le Mali et le Burkina Faso envisagent la création d’une alliance monétaire. Ces trois pays sahéliens partagent actuellement la même monnaie, le Franc CFA, utilisé dans l’ensemble de l’espace UEMOA. La question qui se pose est de savoir si les dirigeants de ces trois États réussiront à instaurer une monnaie commune ou s’il s’agit simplement d’une manœuvre visant à attirer l’attention au niveau régional.

Après l’établissement, en septembre dernier, de l’Alliance des États du Sahel, créée dans le but de défendre “contre toute atteinte à leur intégrité”, les gouvernements du Mali, du Burkina Faso et du Niger envisagent maintenant de mettre en place une union monétaire. “Au-delà du volet sécuritaire, notre alliance doit évoluer sur le plan politique et monétaire”, a déclaré le général Abdourahamane Tiani lors d’une interview relayée par Reuters. Cependant, les détails et l’échéancier de ce projet restent encore flous, bien que le président de la transition nigérienne ait souligné que cela constituait l’une des raisons de sa récente visite dans les deux pays voisins.

L’idée d’une alliance monétaire entre ces trois pays, dont les dirigeants actuels sont arrivés au pouvoir par la force, représenterait une rupture significative avec les autres pays de l’UEMOA, ainsi qu’avec la France, avec laquelle ils ont des différends. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso font partie de ce bloc régional dont les pays utilisent une monnaie commune, le FCFA (XOF), adossé à l’euro avec une garantie de convertibilité assurée par la France.

Cette posture, bien que radicale, s’inscrit dans la tendance de ces États à revendiquer le retour à une souveraineté pleine et entière. Le Mali et le Niger ont déjà annoncé, à la suite du Burkina Faso, l’annulation des conventions de non-double imposition fiscale qui les liaient à la France.

Réactions en ligne

Les réactions à cette déclaration ne se sont pas fait attendre. Un individu, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, considère ce projet comme fantaisiste, visant uniquement à gagner les faveurs de l’opinion publique. Selon lui, cette manœuvre cherche simplement à prolonger la durée de vie des transitions en cours dans ces trois pays.

En revanche, Abdoulaye Coulibaly voit dans cette initiative une opportunité de développement pour les trois États. Il soutient fermement l’idée, affirmant que ces pays disposent des ressources nécessaires, citant l’exemple du Niger en tant que grand producteur d’uranium et futur exportateur de pétrole, ainsi que le Mali et le Burkina Faso, riches en or et en production cotonnière, avec la découverte de lithium et d’autres gisements.

Mama N appelle à la prudence, soulignant que le moment n’est peut-être pas idéal pour un tel projet qui nécessite d’énormes moyens. Il encourage à une réflexion approfondie sur les avantages et les inconvénients, insistant sur la nécessité d’évaluer si toutes les conditions sont réunies avant de quitter l’UEMOA.

Ahmadou Sékou Kanta

Source : L’Observatoire

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