Affaires étrangères et Maliens de l’extérieur : La grogne sociale ne faiblit pas

Suite au préavis de grève déposé le 27 mars 2023, la Coalition des organisations syndicales du secteur des Affaires étrangères et des Maliens de l’extérieur, composée du Syndicat libre des travailleurs des Affaires étrangères (Syltaf) et du Syndicat des travailleurs du ministère des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine (Stmmeeia), entame aujourd’hui une grève de 576 heures.

C’est dire qu’à compter de ce mercredi jusqu’au vendredi 9 juin 2023, l’activité dans les deux départements pourrait rester paralysée. Ce débrayage est reparti entre 72 heures, 96 heures, 120 heures (3 fois) et 48 heures.

Les points de revendication sont, entre autres, la majoration des indemnités annuelle et mensuelle d’équipement accordées aux personnels des ministères en charge des Affaires étrangères et des Maliens établis à l’extérieur, conformément aux montants convenus ; l’octroi d’une indemnité de monture aux fonctionnaires et agents dudit secteur ; l’octroi d’une indemnité de sujétion diplomatique aux fonctionnaires et agents des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. S’y ajoute la relecture du décret n°96-044/-RM du 8 février 1996 fixant les avantages accordés au personnel diplomatique, administratif et technique dans les missions diplomatiques et consulaires de la République du Mali, conformément au procès-verbal de conciliation du 7 décembre 2018.

Le secrétaire général adjoint de la Coalition, Abidine Haïdara, a expliqué que les syndicats ont observé une première phase de grève au mois de février dernier. C’est suite à l’échec des toutes premières négociations avec les autorités que les syndicats sont allés en grève de 12 jours. Indiquant que cela a été entamé en fin février et s’est achevé en début mars.

Après, il y a eu des pourparlers et des rencontres avec les trois membres du gouvernement; à savoir la ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paule Diallo, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop et celui des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyène, a souligné le syndicaliste, ajoutant que la Coalition a eu un tête-à-tête avec le secrétaire général du ministère de l’économie et des Finances.

« Au cours des discussions, nous n’avons pas eu de propositions concrètes allant dans le sens de l’apaisement du climat social », a fait remarquer Abidine Haïdara. En clair, toutes ces rencontres se sont soldées par un échec. La Coalition a, aussitôt, décidé la tenue de deux assemblées générales simultanément aux départements des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et celui des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, a rappelé le secrétaire général adjoint. Ainsi, le personnel, a-t-il ajouté, a affirmé sa détermination à poursuivre le mot d’ordre de grève jusqu’à l’aboutissement des revendications. «Nous n’avons reçu aucune proposition concrète de la part du gouvernement», a dit le leader syndical.

À l’en croire, les autorités reconnaissent la légitimité des revendications. Selon lui, les agents d’un secteur régalien méritent une meilleure condition de vie et de travail. À ce propos, Abidine Haïdara a indiqué que les travailleurs des deux ministères sont dans une précarité extrême. «Et pour preuve, a-t-il laissé entendre, nous n’avons qu’une seule indemnité mensuelle de 40.000 Fcfa comme prime octroyée aux cadres. Nous aspirons à de meilleures conditions de vie et de travail».

Namory KOUYATÉ

Source : L’Essor

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