2022 : Année de la souveraineté sur fond de scandales à rebondissements

En ce début de nouvel an, un regard s’impose dans le rétroviseur pour examiner 2022, qui fut un important tournant historique pour le Mali, pays à la croisée des chemins.

La nation du Diatiguiya aura fait parler d’elle à travers des faits marquants parmi lesquels la défiance vis-à-vis de la CEDEAO et l’expulsion  des forces et autorités françaises du territoire.

Le début d’année écoulée est d’emblée agité par les velléités de prolongation de la Transition de deux ans, à l’expiration du délai initial de 18 mois accordé au CNSP au lendemain de sa conquête du pouvoir en Août 2020. C’est ainsi que le 9 janvier 2022 débute l’embargo économique et financier de la CEDEAO et l’UEMOA provoquant le 14 janvier la grande mobilisation générale contre lesdites sanctions à coups de dénonciations de leur caractère «illégal et illégitime». Toutes choses qui vont inspirée aux autorités la désignation du 14 janvier comme «journée de la souveraineté retrouvée».

Une euphorie dans la foulée de laquelle tombe une mauvaise nouvelle le 16 janvier, avec le décès de l’ex-président IBK qui aura marqué le pays avec son surnom BOUA en plus d’avoir occupé d’importantes responsabilités d’État.

L’opinion mondiale est par la suite prise de court, le 31 janvier, avec l’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali. Les autorités de la transition donnent ainsi le ton d’une rupture progressive avec l’ex puissance coloniale qui, à la date du 17 février 2022, annonce à son tour le retrait de Barkhane et de Takuba du Mali. Une décision unilatérale qui pousse Koulouba, le 18 février 2032, à exiger le départ sans délai des forces françaises après 9 années de présence ainsi conclue par un désaveu populaire sans précédent. Après l’adoption, le 21 février, de la Charte de Transition révisée, l’hostilité à l’égard de la France sera accentuée, 17 mars 2022, par la suspension historique de RFI et France 24, soit une semaine environ avant le décès en détention de l’ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, après des négociations infructueuses pour obtenir son évacuation pour des soins à l’étranger.

Un tournant du destin de la nation s’est jouée en partie au CNT avec l’adoption, le 17 juin, de la Loi électorale, lorsque le Mali ne pouvait plus rattraper le perchoir du parlement panafricain perdu au détriment de l’honorable Chato du fait des sanctions l’empêchant d’y siéger.

La levée desdites sanctions interviendra finalement le 3 juillet 2022, au bout de 6 mois de résilience héroïque à la conjoncture et à l’adversité régionale.
Une page tout aussi importante de l’histoire du pays s’est tournée le 10 juillet  avec l’arrestation des 49 soldats ivoiriens pour “mercenariat” et tentatives de déstabilisation du pays de destination. L’épisode aura pour conséquence l’expulsion du porte-parole de la MINUSMA pour tentative de justification de leur présence aux dépens des arguments de Bamako. Une situation qui verra l’implication du président Macky Sall avec sa Dou la casquette de président sénégalais et de président en exercice de l’UA.

En 2022, le mois de l’indépendance nationale va gagner plus en symbole avec la visite de Paul Henri Damiba du Burkina, le 3 septembre avant celle du Colonel Mamadi Doumbouya de Conakry dans la foulée des festivités du 22 septembre.

Le Mali Kura sera par la suite dévoilé au monde sous d’autres facettes, le 24 septembre, avec le discours du colonel Abdoulaye Maïga, Premier ministre par intérim, à la tribune de l’ONU.

Au nombre des tournants figure la date du 11 octobre qui marque la remise solennelle au président de la Transition de l’avant-projet de la nouvelle Constitution, tandis que la recomposition du Conseil National de Transition, annoncée depuis le début de l’année, ne sera effective que le 28 octobre.

Parmi la série de scandales ayant marquée l’année figure également la décision des autorités de Bamako, le  21 novembre, d’interdire toutes les ONGs financées par la France, en réaction à la décision de Paris de suspendre son aide au développement.

Ce qui n’a pas empêché le pouvoir de se rapprocher d’Abidjan et de procéder le 29 décembre, au jugement des 46 militaires ivoiriens restants à Bamako avec une condamnation collective le lendemain.

Tel est le bilan approximatif d’une année qui verra la nouvelle année intervenir sur un ton différent de la précédente : la grâce présidentielle accordant liberté aux soldats après 6 mois de détention.

La Rédaction

SourceLe Témoin

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