Résolution 1325 : 20 ans de progrès pour le droit des femmes

Résolution 1325 : 20 ans de progrès pour le droit des femmes

Cette décision a permis d’enregistrer de nombreuses avancées dans notre pays, en termes de promotion des droits des femmes et de leur participation au développement

Cette année marque le 20è anniversaire de la Résolution 1325, adoptée à l’unanimité le 31 octobre 2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa 4213ᵉ séance, qui concerne le droit des femmes, la paix et la sécurité. Un parcours qui a permis à notre pays de réaliser des changements notoires en matière de promotion des droits des femmes.

Il s’agit de l’élaboration et de la mise en œuvre de trois plans d’actions participatifs et inclusifs de 2012 à 2019, pour rester cohérent avec les besoins et les préoccupations des femmes, des hommes, des filles et des garçons, en tenant compte du changement de contexte, d’apporter des réponses adéquates en fonction des spécificités, notamment l’adoption de la Loi 2015- 052 du 18 décembre 2015, instituant des mesures de promotion du genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives, la participation des femmes à la Conférence d’entente nationale à hauteur de 30 % des participants, l’intégration du genre dans la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR), la prise en charge psychosociale, médicale des femmes et des filles victimes de violences sexuelles, liées aux conflits, la mise en œuvre de projets de réinsertion sociale et économique des femmes, la tenue des assises des femmes pour la paix au Mali en 2018.

Il y a eu aussi la tenue d’un atelier de haut niveau organisé par le gouvernement et ses partenaires pour une plus grande implication des femmes dans les organes de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et d’une plus forte représentation des femmes au niveau local. Cette étape importante du développement de notre pays a été commémorée, hier, au Centre international des conférences à l’initiative du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, en collaboration avec ses partenaires des Nations unies (ONU-Femmes, PNUD et Minusma).

La cérémonie était présidée par le Premier ministre, Moctar Ouane, sous le thème : «La pertinence de la Résolution 1325, les acquis et les réalisations au Mali depuis le premier plan national adopté en 2012». Le Premier ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire des efforts dans la mise en œuvre de cette résolution afin que les femmes cessent d’être des victimes et deviennent des actrices majeures dans la quête de paix. Pour lui, les femmes ont des rôles à jouer dans la prévention des conflits, dans le règlement des différends mais aussi dans le processus de consolidation de la paix. «À chacun de ces niveaux, la femme a un rôle important à jouer, conformément à son statut traditionnel», a déclaré le chef du gouvernement.

«La place des femmes et leur rôle ne sont plus à démontrer dans la gestion et la prévention des conflits et dans la lutte contre l’extrémisme violent» a indiqué l’adjointe du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Mme Joane Adamson. Cependant, elle estime qu’il faudra renforcer cela avec la participation de toutes les parties prenantes au processus de paix. Pour elle, cet anniversaire est donc l’occasion non seulement de lancer le 3è Plan d’actions national de la Résolution 1325, mais également de faire le bilan de la participation des femmes aux processus politique et de paix dans la société, de la prise en compte de leurs préoccupations, de leur protection contre les violences basées sur le genre.
Mme Joane Adamson a tenu à rappeler que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a toujours prôné l’égalité du genre.

«L’Agenda femmes, paix et sécurité» sera accompagnée à sa juste valeur par les Nations unies, a-t-elle promis, avant d’indiquer que le gouvernement a su montrer son implication pour la prise en compte des besoins spécifiques des femmes, notamment en cette période sociopolitique difficile. Quant au ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Bouaré Assétou Founé Samaké, la préface du Plan d’action par le Premier ministre, marque un niveau d’appropriation très élevé de la R1325 dans notre pays et gage de la détermination du gouvernement à prendre en compte les questions de genre, dans tous les aspects de la gouvernance.

Pour elle, le plan vise la promotion et la participation des femmes au processus de paix et de réconciliation et dans la gouvernance post-conflit. Il apporte des innovations par rapport aux deux précédents programmes. Il s’agit de la prise en compte des besoins des populations déplacées, celle de nouvelles thématiques comme l’extrémisme violent, le changement climatique, la santé et les droits sexuels et reproductifs, l’implication des leaders communautaires et des leaders religieux dans sa mise en œuvre.

Et la ministre de rappeler que, depuis 2012, son département assure le leadership pour la coordination de la mise en œuvre du plan d’actions et à créer le cadre nécessaire au niveau national et local pour réaliser les changements attendus. Un comité national de suivi opérationnel et des comités régionaux en charge des questions de genre et de la R1325 sont à pied d’œuvre. Avec son mécanisme de coordination, de suivi et gestion de la mise en œuvre du Plan d’actions, notre pays a développé un modèle innovant de coordination et de gestion des apprentissages sur la résolution concernée (qui intègre les priorités gouvernementales) grâce à l’accompagnement de ONU-Femmes et d’autres partenaires. Un des temps forts a été le lancement officiel et la signature de convention du Plan d’actions national (2019-2023) de la Résolution 1325.

Source: l'Essor